Libérer Diego Garcia et Gaza : même combat !

Ce vendredi 4 avril, la grosse foule s’est fait entendre à Port-Louis. Pourquoi descendre dans les rues de la capitale et manifester pour « Rann nou Diego ! » et « Stop Zenosid Palestinn » quand l’on peut rester dans sa “comfort zone”, siroter un thé glacé, conter fleurette ou faire passer autrement le temps ? Diego Garcia est une île dans notre zone immédiate, même si ce qui s’y passe n’intéresse pas la majorité des Mauriciens. Quant aux drames quotidiens à Gaza et dans d’autres territoires palestiniens, ils sont trop loin de nous pour qu’on s’en soucie. Sans oublier l’aspect ethnique attaché à la cause… Séparer religion et politique : il faut vraiment penser à commencer, dès maintenant, à s’y mettre ! Pourtant, avec la menace de guerre, le combat pour démilitariser Diego Garcia et libérer la Palestine a un dénominateur commun : Maurice.
Il fallait descendre dans les rues ce vendredi 4 avril aux côtés des centrales syndicales, de la société civile et de Lalit qui manifestaient parce que Diego Garcia, ayant été officiellement et publiquement reconnue comme une île appartenant à Maurice, sera probablement l’origine de massacres de milliers d’innocents ! Car des bombardiers ultra-sophistiqués, faisant partie de la flotte principale des États-Unis, se trouvent déjà sur la base militaire. Et attendent que Donald Trump donne son feu vert pour faire éclater des bombes en Iran ou à Gaza.
Gaza qui croule déjà sous des piles et des piles de béton. Une stratégie de destruction massive s’y déroule depuis le 7 octobre 2023. Une destruction qui, justement, ne vise pas que les bâtiments et infrastructures. Mais surtout des humains : des enfants, des femmes, des vieux, des blessés et des patients dans des hôpitaux, le personnel de ces établissements, des hommes et des femmes des médias du monde, soucieux de montrer l’horreur et les atrocités qui s’y déroulent chaque jour, sans relâche.
Et donc, par incidence, quand Donald Trump se fera l’immense plaisir d’ordonner « Tirez ! », le sang qui sera versé, nous l’aurons sur notre conscience et sur nos mains, nous Mauriciens, parce que Diego Garcia nous appartient. La Cour internationale de justice et d’autres instances mondiales ont reconnu l’injustice du déracinement des Chagossiens, forcés à se réfugier à Maurice. Ces organisations internationales réputées et respectées ont décrété que Diego Garcia fait partie de l’archipel des Chagos et doit absolument être restitué, pour que ses habitants puissent retourner y vivre en paix. Mais de ces reconnaissances, même mondialement saluées, les États-Unis n’en ont rien à faire ! D’où leur décision de garder Diego Garcia, leur base militaire stratégique, pour y faire décoller des avions et d’autres instruments de massacres…
Les Mauriciens ont tout intérêt à s’engager activement dans un mouvement de pression et de solidarité populaire pour dire stop aux massacres en leur nom. Et quid du gouvernement ? S’il est vrai que la race des politiciens est de celle qui n’en finit pas de démarcher et marchander, il faudrait aussi, quand la situation l’exige, prendre des positions et des mesures droites et fermes. Le sujet est délicat, nous en convenons. Mais ce gouvernement a été élu pour faire la différence, n’est-ce pas ? L’heure est grave. Surtout après la déclaration de guerre commerciale par Donald Trump. Il est attendu de Navin Ramgoolam et de Paul Bérenger qu’ils réagissent vite et bien.

- Publicité -

Les Assises de l’éducation auront lieu prochainement. Les axes principaux sont les énormes soucis face au bullying (harcèlement sous plusieurs formes – physique, verbal, moral, mental, psychologique) qui perdure dans nos établissements, et font des victimes. Une jeune élève a choisi la mort : c’est tragique ! Et la drogue sévit dans nos écoles comme dans nos collèges. Occasionnant des comportements violents en tous genres. Les enjeux sont primordiaux : nos jeunes, bien éduqués, évoluant dans un environnement sain et en sécurité, sauront prendre les bonnes décisions et faire les bons choix. Demain leur appartient. Mais encore faut-il que nos décideurs politiques et les parents aient le cran de leur assurer un présent qui se respecte !

Husna Ramjanally

- Publicité -
EN CONTINU

l'édition du jour