En marge de l’exposition Chazal au Blue Penny Museum : Couleurs en fête au Caudan

Robert FURLONG

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Que l’on soit amateur d’art, de littérature, des couleurs mauriciennes ou tout simplement de rêves en couleur, il ne faut surtout pas manquer l’exposition d’une cinquantaine de tableaux de Malcolm de Chazal qui est en cours au Blue Penny Museum au Caudan (jusqu’au 7 juin 2025). Cette exposition, après les 160 œuvres exposées à la Halle Saint Pierre à Paris du 11 septembre 2024 au 19 janvier 2025, donne une idée de l’extraordinaire fête des couleurs et des formes. L’île Maurice avait connu une célébration semblable à travers l’exposition d’un nombre quasiment égal de tableaux en 2011 organisée par Allied Motors à Réduit. Dans ce contexte, étant donné le nombre de manifestations qui se succèdent autour de Chazal et de sa peinture, il est utile de rappeler les expositions de ses œuvres qui se sont déroulées sur le plan international.

La première d’entre elles se passe à Paris à la Galerie Charpentier, du 18 novembre au 30 novembre 1961 : Chazal avait reçu le soutien de l’académicien Jacques de Lacretelle qu’il avait rencontré lors du séjour de celui-ci à Maurice. L’exposition est constituée de 30 gouaches et 14 huiles. À l’initiative de la Galerie Charpentier, l’exposition a probablement eu une suite à New York en 1962 : la presse mauricienne en parle, mais aucune confirmation de lieu ni de date n’est disponible.


En 1967, Chazal est à Londres où il expose deux fois au cours de cette année au Mercury Gallery à l’invitation des autorités britanniques : du 14 janvier au 4 février, il expose 47 œuvres dont 30 seront vendues. De juillet à septembre, il participe à l’exposition collective d’été du Mercury Gallery avec six gouaches.

En 1968, pendant les mois d’avril et mai, Chazal expose à la Galerie Le Parti à Grenoble.

1969 est une année faste ! Du 5 au 25 mai, il est au Pomery Gallery de San Francisco et du 17 juin au 13 septembre, ses peintures sont de nouveau exposées au Mercury Gallery de Londres.

En mai 1972, la Galeria San Sebastianello à Rome expose quinze gouaches de Chazal qui, par la suite, figureront à la Galerie 37 de Saint Jean de Luz, une exposition en mémoire d’Alain Desmarais, Mauricien très actif dans le domaine culturel et qui disparut lors d’une sortie en mer.

En 1973, année de la création des tapisseries-fées réalisées par la maison SPES à partir d’œuvres de Chazal, ses tableaux vont d’abord à La Réunion à la Maison du Monde en juillet, puis à Dakar au Musée dynamique du 22 novembre à fin décembre. Dans son discours d’ouverture, Senghor, qui aimait la peinture et l’œuvre de Chazal et l’avait rencontré sur les plages du Morne, dira : « Chazal est, malgré son sang et les apparences, l’un des peintres africains les plus authentiques. À ce titre, il est exemplaire. »

En 1974, enfin, les tapisseries-fées créées l’année précédente sont exposées à la Galerie Albert Magrius à Paris.

Au niveau local, de 1958 (sa première exposition à l’Hôtel de ville de Curepipe comprend 200 ‘tableautins’ à 1974 (sa dernière exposition,16 gouaches à l’hôtel Saint-Géran), Malcolm de Chazal en aura fait 20… sans compter cinq post-mortem ! Beau parcours pour celui qui, le 1er octobre 1959, écrivait dans Le Mauricien : « La vie mauricienne ne permet pas l’expression d’originalité. Le public bien-pensant s’y refuse. Et c’est dur d’affronter une opposition irréductible. Parce que Malcolm de Chazal était fou, on allait voir la peinture d’un fou. C’était amusant, comme une partie de plaisir. » 

Plus près de nous, du 4 novembre 2017 au 12 février 2018, la ville de Saint-Pierre accueillait, sur une initiative de la Galerie Hang’Art de La Réunion et Ilha do Cirne de Maurice, une exposition Chazal – Labor (peintre réunionnais) avec animations dans les lycées de la région et conférences publiques. Étaient exposés 26 dessins et croquis ainsi que 34 tableaux…

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