Le PM et ministre des Finances: « We have inherited a dire and unsustainable economic situation, with a totat debt of Rs 644 billion reaching nearly 90% of the country’s GDP »
Le Premier ministre et ministre des Finances, Navin Ramgoolam, a donné, hier, au Harilal Vaghjee Hall, le coup d’envoi des consultations avec les partenaires sociaux en vue de la présentation du budget 2025/26. Ce fut l’occasion pour lui de signifier l’intention du gouvernement du Changement d’une rupture avec le modèle de l’ancien gouvernement, axé sur la consommation et les Allowances. Parlant de l’héritage d’une situation économique plus que catastrophique, il a ajouté que « we have inherited a dire and unsustainable economic situation, with a totat debt of Rs 644 billion reaching nearly 90% of the country’s GDP. »
« Non seulement la caisse du gouvernement est vide, mais les dettes sont incroyables. C’est du jamais-vu. Tous les économistes vous diront que si vos dettes dépassent la barre de 90 %, vous allez alors entrer dans un cercle vicieux. It is not sustainable. Le déficit budgétaire a atteint la barre de 9,3 %. Aucun ministre des Finances n’a effectué des retraits d’argent de la Banque de Maurice. C’est irresponsable, ce qu’ils ont fait », a déclaré le Premier ministre.
Il a fait ressortir qu’il arrive des fois qu’un budget supplémentaire est présenté pour combler des dépenses additionnelles. « Ce budget supplémentaire doit d’abord être approuvé par le Parlement. Or il y a un budget supplémentaire qui n’a jamais été approuvé par le Parlement. Ce n’est pas moi qui vais l’approuver, car je n’ai pas encouru ces dépenses », déclare-t-il.
Abordant le dernier rapport du Directeur de l’Audit, Navin Ramgoolam maintient que ce ne sera pas du Business as Usual, comme c’est le cas après chaque rapport annuel. « Cela ne devrait pas être du Business as Usual. Nous allons mettre de l’ordre et prendre des sanctions là où il en faudra. C’est pourquoi le gouvernement vient de l’avant avec le concept de Performance-Based Budgeting, » met-il en garde. Indiquant que le budget du ministère de la Santé est aujourd’hui de l’ordre Rs 17 milliards, il se pose la question: « Pourquoi alors les gens se plaignent de ses services ? C’est pourquoi je dis que chaque ministère doit être Accountable. »
Le Premier ministre a aussi avancé que la priorité dans la conjoncture est de remettre l’économie du pays sur les rails. « Si l’ancien gouvernement avait remporté les dernières élections, le pays aurait sombré comme la Grèce. C’est pourquoi il faut une rupture avec le passé. Le modèle économique de l’ancien régime basé sur la consommation et les Allowances est révolu. Il faudra un nouveau paradigme. Il nous faudra une société basée sur l’effort personnel, la méritocratie, l’efficience économique et la justice sociale. Il faudra aider les plus démunis. Pour mon premier budget en tant que ministère des Finances, je souhaite la collaboration de tous les stakeholders et dans la discipline. Nous ne pouvons continuer à dépenser sans avoir rien en retour. Nous n’allons pas faire comme l’ancien gouvernement en transformant les banques en propriétés personnelles. Il faudra augmenter les revenus du gouvernement afin de redynamiser l’économie, d’aider les secteurs de l’exportation, des finances et du tourisme, améliorer la disponibilité des devises étrangères. Pour que les touristes viennent à Maurice, il faudra assurer la stabilité et la sécurité. Or il n’y a pas de sécurité dans le pays, car la drogue est répandue dans le pays », concède-t-il.
« Nous allons diriger le pays comme une famille responsable. Nous achetons ce que nous pouvons. Nous ne voudrons pas faire comme si les banques sont nos propriétés privées, comme la Maubank, la MIC. Enn dimounn finn depans plis ki Rs 563 milyon pa gagn papie. Nous sommes bien décidés à exiger des explications. Lorsqu’il y a une enquête en cours, il y a des fuites. Celui sur lequel l’enquête est en cours sait déjà les questions qui vont être posées », dénonce-t-il.
Commentant la pénurie de devises étrangères dans le pays mais, il fera ressortir que l’année dernière, 24 500 nouvelles voitures ont été acquises, représentant Rs 18 milliards sous forme d’exode de devises.
Le chef du gouvernement a aussi exprimé sa détermination à mettre fin à la bureaucratie. Il devait citer en exemple les procédures pour l’accréditation des ambassadeurs ou encore les lettres qui sont envoyées aux ministères et que les récipiendaires les reçoivent trois jours après. Il a ainsi annoncé son intention de recruter un Top Civil Servant de Singapour pour rendre la fonction publique plus efficiente et productive.
Le Premier ministre affirme que la décision du président américain Donald Trump imposant des tarifs douaniers sur les exportations vers les États-Unis a créé une incertitude sur le plan global. « Cette décision nous affecte, mais comporte aussi des risques pour le textile. J’ai toujours dit que lorsqu’il y a des risques, il faut regarder la situation différemment pour identifier des opportunités. Je suis sûr que si je rencontre le président Trump, il va les retirer. J’en suis sûr. Je n’ai pas de doute. Je pourrais le convaincre d’enlever ce tarif de 40 %. Il faudra cependant que j’ai l’occasion de le rencontrer », laisse-t-il entendre.
D’autre part, Navin Ramgoolam indique que si Moody’s dégrade la notation de Maurice, les conséquences seront graves, car le pays sera alors qualifié de Junk State, repoussant les investisseurs potentiels. « Si les investisseurs ne viennent pas, c’est 14 % du PIB qui s’en va et cela va mettre à risque 12 000 emplois dans le secteur financier. Cela entraînera la dépréciation de la roupie, la hausse de l’inflation et des prix, et les banques privées auront de grosses difficultés pour obtenir des emprunts. La notation de BAA3 de Moodys est déjà un Negative Outlook sur l’investment grade. Si li vinn Junk, nou tase. Nous sommes maintenant sous surveillance. Ils ont dit qu’après la présentation du budget, ils viendront à Maurice pour un constat. Le FMI est également en mission à Maurice dans le cadre des Article IV Consultations. J’en ai déjà rencontré quelques-uns. Ils ont rencontré la Banque de Maurice, des Stakeholders. Ils veulent savoir ce que nous allons faire pour redresser la situation. Je ne veux arriver à une situation où nous avons besoin de galoupe avek lamok dan lame pour demander de l’aide au FMI. Fort heureusement nous avons une équipe solide avec Gilbert Gnany et d’autres. Nous avons l’intention de redresser l’économie et cela ne sera pas facile. Ce n’est pas la popularité que nous recherchons. Nous voulons redresser l’économie du pays », a-t-il martelé.
Kevin Ramkaloan (Business Mauritius)
« Moment important pour la communauté des affaires »
« C’est un moment très important pour la communauté des affaires. Comme a souligné le Premier ministre, il y a beaucoup de défis et il n’a pas d’espace pour trop demander. Nous travaillons actuellement sur nos recommandations, qui sont basées sur le développement national. Nous voulons travailler au niveau du port et combattre l’érosion côtière. Nous allons venir très vite avec des suggestions très détaillées que nous allons présenter au ministère des Finances. »
Clency Bibi (GWF)
« Soupçons d’un budget d’austérité »
« Nous soupçonnons qu’il y aura un budget d’austérité. Le ministre des Finances nous demande de soumettre notre mémoire. Nous espérons qu’il va au moins rencontrer la classe syndicale pour développer nos revendications. Ce n’est pas nous qui avons dit dans le manifeste électoral qu’il y aurait un fonds de Rs 10 milliards pour stabiliser les prix. Je souhaite que le Premier ministre tienne sa parole afin de soulager les travailleurs et les consommateurs. J’espère pouvoir rencontrer le chef du gouvernement dans une vraie consultation. Aujourd’hui, ce n’est pas une consultation. C’est un Show. »
Narendranath Gopee (NTUC)
« Rendre public le rapport sur le State of the Economy »
« Nous attendions que le Premier ministre rende public le rapport sur le State of the Economy pour que nous en tant que syndicalistes, nous sachions dans quelle direction nous allons travailler. Le rapport est toujours secret. Il faut nous remettre une copie. »
Jayen Chellum (ACIM)
« L’inflation, le combat le plus important »
«Il fallait bien que le nouveau ministre des Finances vienne en quelque sorte donner l’orientation de son prochain budget. Il fallait bien sûr prendre connaissance de l’héritage au niveau du ministère des Finances et quelle orientation il va donner pour le développement du pays. Les consultations budgétaires donnent la possibilité au gouvernement de comprendre nos revendications. Combattre l’inflation sera un combat très important pour les cinq années à venir. »
Radhakrishna Sadien (SOEF)
« Prendre en considération le changement climatique»
« Je pense que le prochain budget devra faire provision pour remplir les postes vacants dans la fonction publique. Il faut investir dans beaucoup de secteurs pour améliorer la qualité de la vie des citoyens. Les projets d’infrastructures doivent aussi prendre en considération le changement climatique. Il faut s’assurer aussi qu’il y ait un tri de déchets à partir de la maison. Il faut aussi assurer la méritocratie dans l’exercice de recrutement. »
Jane Raghoo (CTSP)
« Il faut mettre fin à la bureaucratie. »
« Je suis d’accord avec le Premier ministre pour mettre fin à la bureaucratie dans les ministères. Nous avons adressé deux lettres à deux ministres et, jusqu’ici, nos lettres sont restées sans réponse. »