Post-Covid – Décès des patients dialysés : Les familles des victimes porteront plainte pour négligence médicale

Marche pacifique à l’initiative de la Renal Disease Patients’ Association prévue à Souillac ce samedi

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La Renal Disease Patients’ Association réclame justice pour les patients sous dialyse, décédés pendant la pandémie de Covid-19, en 2021. Une plainte pour négligence médicale sera bientôt logée en Cour. L’association a programmé également une marche pacifique ce samedi, à Souillac, en mémoire des victimes.
Cela fait quatre ans déjà depuis que onze patients en traitement de dialyse à l’hôpital de Souillac, sont décédés, après avoir été infectés au Covid-19. Le rapport révélant les détails de ce drame a finalement été rendu public en novembre dernier. La Renal Disease Patients’ Association ne baisse pas les bras pour autant et estime que justice doit maintenant être faite au nom des victimes.

Bose Soonarane, le président, déclare que « nous sommes très reconnaissants envers le gouvernement d’avoir rendu ce rapport public. Cela fait quatre ans que les familles des victimes attendaient de faire leur deuil. Toutefois, le combat ne s’arrête pas là. Il faut que la négligence médicale soit reconnue et que justice soit faite aux victimes ». Il indique qu’une plainte sera bientôt logée en Cour à cet effet : « D’après la loi, nous avions un délai de deux ans pour le faire. Mais comme les différents rapports n’avaient pas été rendus publics, nous n’avions pas d’éléments pour soutenir notre plainte. Maintenant que les détails du rapport du Fact Finding Committee sont connus, nous pouvons aller de l’avant avec notre plainte. Nous espérons que la Cour va prendre en considération les circonstances et ne va pas déclarer notre plainte time-barred. »

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Le président de l’association estime que c’est la date de publication du rapport, en l’occurrence novembre 2024, qui doit servir de référence et non pas mars-avril 2021. « Nous espérons que le gouvernement va nous soutenir dans cette démarche », a-t-il mis en avant. Pour réclamer justice, l’association tiendra une marche pacifique, ce samedi, de l’hôpital de Souillac jusqu’au Jardin Telfair. Comme chaque année, des fleurs seront offertes à la mer, en mémoire des victimes.

La Renal Disease Patients’ Association réclame également qu’une stèle soit érigée dans l’enceinte de l’hôpital de Souillac, avec les noms des victimes. Une manière de ne pas oublier et aussi, pour dire non à la négligence médicale. Dans la foulée, Bose Soonarane déplore le manque de médecins et d’infirmiers dans le service de dialyse des hôpitaux actuellement.

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« Nous sommes passés du ratio d’un infirmier pour cinq patients à un infirmier pour quinze patients. Cela pose beaucoup de problèmes pour les séances de dialyse. Je lance un appel au ministère de la Santé de recruter et de former des jeunes, afin qu’ils puissent rejoindre le service rapidement et offrir les soins appropriés », devait-il faire comprendre.
Parmi les victimes du Covid-19, ajoute Bose Soonarane, il y avait également le Dr Bruno Cheong : « Il est tombé en pratiquant sa profession. Ce sont des circonstances tristes. Le gouvernement avait légitimement pris la décision que l’hôpital de Flacq porte son nom. Toutefois, à la veille des élections, ils ont rapidement ouvert le nouvel hôpital de Flacq – qui n’était même pas complété – pour le renommer Sir Anerood Jugnauth Hospital. »
L’association demande au nouveau gouvernement de rétablir la mémoire du Dr Bruno Cheong en renommant le nouvel hôpital de Flacq, Dr Bruno Cheong Hospital. « Il faut la justice pour le Dr Bruno Cheong également. Rendons à César ce qui appartient à César! », affirme le président.

Par ailleurs, Bose Soonarane fait ressortir que les patients attendent toujours la mise en opération de la Renal Unit de l’hôpital de Rose-Belle : « Il faut recruter des néphrologues. Il y a des Mauriciens très qualifiés qui travaillent à l’étranger. Il faut leur donner des Incentives pour qu’ils retournent au pays. Ils peuvent pratiquer les transplantations rénales eux-mêmes, au lieu d’avoir à attendre l’arrivée des médecins étrangers à chaque fois. »
Il estime également que les règlements doivent aussi être revus, afin de permettre à tous les patients, indépendamment de leur âge, d’avoir droit à une greffe. « À ce jour, il y a une limite d’âge, qui est de 40 ans, si je ne me trompe pas. Ce qui représente une discrimination. Pourquoi ceux qui sont plus âgés n’auraient pas le droit de faire une transplantation également ?», s’interroge-t-il.
Bose Soonarane plaide également pour une accélération des procédures permettant le prélèvement d’organes sur des cadavres. « S’il y a des personnes qui veulent faire don de leurs organes à leurs décès, ils doivent pouvoir le faire. Le Removal, Preservation and Transplant Bill datait de 2006. Puis, nous avons eu une nouvelle loi en 2018. Toutefois, à ce jour, nous sommes toujours à la case départ. » Il rappelle que l’Inde avait justement financé la mise en place d’une Renal Unit pour traiter de cela, mais que rien n’a été fait jusqu’ici.
Bose Soonarane donne rendez-vous aux Mauriciens à venir marcher pour réclamer justice, ce samedi, devant l’hôpital de Souillac, à partir de 13h30. Il précise que l’association ne baissera pas les bras tant que justice ne sera pas faite aux victimes de 2021.

 

Bose Soonarane donne rendez-vous aux Mauriciens à venir marcher pour réclamer justice, ce samedi, devant l’hôpital de Souillac, à partir de 13h30. Il précise que l’association ne baissera pas les bras tant que justice ne sera pas faite aux victimes de 2021.

 

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