Le Premier ministre adjoint, Paul Bérenger, qui rencontrait la presse à Agalega à la fin de sa visite de deux jours dans l’archipel, a donné l’assurance qu’il n’y a rien de compromettant à la souveraineté de Maurice dans l’accord avec Inde concernant Agalega. Le ministre Shakeel Mohamed a, pour sa part, exprimé sa satisfaction devant les explications du Premier ministre, Navin Ramgoolam et du Premier ministre adjoint à ce sujet. À propos de la situation dans l’île sévèrement frappée par le cyclone Chido en décembre, Paul Bérenger a affirmé avoir été désagréablement surpris par les dégâts causés par ce cyclone.
Interrogé sur le fait que les Agaléens considèrent flou l’accord entre Maurice et l’Inde au regard d’Agalega, Paul Bérenger a affirmé que « nous ne pouvons empêcher des gens de proférer des imbécilités. Nous avons ouvert Agalega et avons tout montré. Le Premier ministre et moi avons relu dix fois cet accord pour voir s’il y a la moindre atteinte à notre souveraineté. Il n’y a aucune mention de présence militaire éventuelle dans l’île. Il n’y a rien de ce genre dans l’accord. Cependant, aux termes des conventions internationales, de tels accords ne sont pas rendus publics sans l’accord d’une ou de l’autre partie. Si les gens n’ont confiance ni en moi ni en Navin Ramgoolam lorsque nous donnons notre parole, je ne peux rien faire .»
Shakeel Mohamed a soutenu la déclaration du Premier ministre adjoint et a reconnu que le Premier ministre a évoqué cet accord avec les ministres et députés. Il a indiqué que tous les avions qui atterrissent à Agalega doivent informer les autorités mauriciennes.« Cela est vrai pour le port », a précisé Paul Bérenger. D’après les informations communiquées par les autorités indiennes à Agalega, la piste d’atterrissage a été utilisée à 60 reprises dont trois fois par des avions indiens depuis son ouverture.
Passant en revue la situation à Agalega, le Deputy Prime Minister s’est dit choqué par les dégâts causés par le cyclone Chido. « Nous savions qu’Agalega avait été secoué, mais pas à ce point », a-t-il fait ressortir, en indiquant que les cocoteraies ont été ruinées.
Par ailleurs, Paul Bérenger a souligné que l’Inde continue à aider Maurice mais qu’il faudrait éclaircir ces relations entre l’Inde et Maurice avec le Handing-Over marquant la fin des travaux. « Il s’agira de savoir où est la responsabilité de Maurice, où la souveraineté de Maurice commence et finit. Il y a un flou à éclaircir entre Maurice et l’Inde, surtout à travers le haut-commissaire indien à Maurice. Il faudra surtout nous pencher sur l’entretien des infrastructures », a-t-il précisé.
L’adjoint au Premier ministre estime que l’OIDC demande un changement en vue de sa consolidation. Toutefois, il faudrait s’orienter vers un Agalega Island Council. Il considère « choquant » le fait que certains Mauriciens traitent encore les habitants d’Agalega comme les colonisés. Il a cité en exemple le cas d’un jeune homme qui a perdu ses deux jambes.
« Il n’arrive pas à obtenir ses pensions parce qu’il doit se déplacer à Maurice pour être examiné par un panel. De plus, une infirmière mauricienne – qui a épousé un Agaléen dans l’île du Sud – a été obligée de quitter l’île après trois ans d’affectation comme l’exigent les conditions de travail laissant les habitants sans une infirmière. Ce qui embarrasse énormément les femmes dans l’île du Sud. Malgré tous les efforts du Resident Manager, ces types de pratiques bureaucratiques et colonialistes doivent être stoppées », dit-il.
De plus, Paul Bérenger a avancé n’avoir pas constaté de défaut à la jetée construite par les Indiens. Il a déploré que certaines personnes aient mis l’accident du Trochetia sur le dos de l’Inde. Celui-ci constate toutefois que seulement les bateaux de petite taille peuvent accoster la jetée dans la partie intérieure. Les navires doivent accoster la jetée face à la haute mer où ils sont exposés aux grosses vagues.
Le Premier ministre adjoint a, par ailleurs, démenti les rumeurs qui circulaient dans l’île, à savoir que la vente des boissons alcoolisées avait été interdite en raison de sa présence. Toujours en vue de faire taire d’autres rumeurs, il a affirmé que les lumières de la jetée avaient été allumées, jeudi soir, par sécurité sachant que les ministres et députés présents devaient s’y rendre le soir.
D’autre part, il a estimé que beaucoup d’efforts doivent être entrepris dans l’archipel concernant la culture vivrière, l’élevage, la relance de la production de l’huile de coco et la pêche, d’autant que Saya de Malha n’est pas loin. « Il faudra un bon master plan pour le développement d’Agalega », recommande-t-il.
Pour sa part, répondant aux questions de la presse, le ministre du Logement a mis l’accent sur le fait que le travail de son ministère ne se limite pas au nombre de maisons qui devront être construites mais doit aussi prendre en compte le type de maisons. Il a abordé la nécessité d’un plan d’urbanisation pour Agalega, tout en faisant allusion au fait qu’un appel d’offres avait été lancé dans le passé pour la construction de maisons mais que les devis étaient extrêmement élevés, soit autour de Rs 20 millions par unité de logement.