Chagos: l’ultime étape avant la signature de l’accord

Londres et Port-Louis accordent leurs violons suite au feu vert formel du président US, Donald Trump

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L’accord anglo-mauricien mettant fin à 60 ans d’occupation illégale de l’archipel des Chagos, mais comprenant les conditions du bail pour une période de 99 ans avec une extension de 40 de la base militaire de Diego-Garcia, est sur le point d’être mis au point. C’est ce que confirme l’Hôtel du Gouvernement suite à des annonces dans la presse britannique, hier en cours d’après-midi. Dans un premier temps, l’annonce était axée sur le feu vert du président américain, Donald Trump, à l’accord sur les Chagos en suspens depuis le début de cette année.
Ce développement constitue une gifle cinglante au gant des Anti-Chagos Deal des deux côtés de l’Atlantique, qui ont épuisé tous les arguments politiques et diplomatiques, même les plus fallacieux comme Maurice étant un suppôt de la République populaire de Chine. Les conservateurs britanniques avaient même conclu un accord tacite avec le UK Reform Party de Nigel Farage, croyant pouvoir faire échouer cet accord, rétablissant l’intégrité et la souveraineté territoriales de Maurice sur l’archipel des Chagos, excisé au terme d’un décret royal en date du 8 novembre 1965.
En fin de la semaine dernière, le Premier ministre britannique, sir Keir Starmer, avait transmis, par le biais de la haute commissaire basée à Port-Louis, Charlotte Pierre, une correspondance à son homologue mauricien, Navin Ramgoolam (voir Le-Mauricien du 28 mars). De leur côté, des diplomates américains en poste à Maurice avaient eu des consultations au plus haut niveau à l’Hôtel du Gouvernement presque en même temps. Tout cela constituait des signes avant-coureurs d’un dénouement imminent dans le dossier des Chagos.
Suite à cette première annonce dans la presse britannique au sujet de la décision de Donald Trump, renversant ses plus proches collaborateurs comme l’ultra-puissant Elon Musk aux États-Unis ou encore dans le monde entier, le Prime Minister’s Office a choisi en début de soirée la langue de Molière pour émettre un communiqué comme suit :
« Cet après-midi, une dépêche de la presse britannique fait état de l’approbation du président Donald Trump à l’accord sur l’archipel des Chagos.
« Nous avons tous, il y a quelque temps, vu et entendu le président Trump dire, en présence du Premier ministre Starmer, son opinion sur l’accord préconisé.
« Aujourd’hui, le porte-parole du 10 Downing Street confirme cette information.
« En ce qui nous concerne, nous travaillons toujours à la finalisation de cet accord avec la Grande-Bretagne.
« Nous sommes donc alignés sur ce que le porte-parole du 10 Downing Street a déclaré ce matin à la presse, quand il précise que nos gouvernements respectifs travaillent en ce moment à la finalisation de cet accord. »
À hier soir, très peu de détails avaient transpiré quant aux dernières étapes à franchir ou encore les détails à régler avant la signature de l’accord anglo-mauricien, voire même la date de la cérémonie officielle de la conclusion de ces consultations anglo-mauriciennes remontant au 3 novembre 2022. Il n’est pas exclu que le conseil des ministres de vendredi soit informé du Package négocié pour le retour des Chagos sous le contrôle de Maurice avec les conditions du nouveau bail pour la base militaire de Diego-Garcia.
Dans le meilleur des scénarios, au cas où les derniers macadams, sous la forme des Counterproposals transmis par Maurice à Washington et à Londres le mois dernier, sont réglés, une annonce conjointe anglo-mauricienne pourrait intervenir dans les meilleurs délais. Mais aucune des sources officielles, approchées par Le-Mauricien depuis après-midi, n’a voulu s’aventurer pour confirmer ou infirmer ce détail ou encore le montant de la compensation agréée entre les deux parties, avec le chiffre de £ 18 milliards, cité par les opposants à cet accord.
Toutefois, hier, tout avait commencé avec cette déclaration du No 10 Downing Street, soit la résidence du Premier ministre britannique, sir Keir Starmer, à l’effet que « we are now working with the Mauritian government to finalise the deal and sign the treaty.» La presse britannique dans son ensemble du Financial Times au Daily Mail en passant par The Guardian ou the Telegraph, avait relayé cette même déclaration officielle de Londres.
Une autre source britannique avait ajouté à cette même occasion que « it’s now between us and the Mauritian government to finalise the deal following the discussions with us. We have had the discussions with the US and we are now finalising with the Mauritians. »
Force est de constater qu’avec sa décision en début de semaine, le président Trump s’est laissé convaincre par l’argument des Anglais à l’effet que « the International Court of Justice judgement provided too much legal uncertainty for the crucial airbase and the deal would not cost the US taxpayer anything. »
D’autre part, depuis la semaine dernière, la base militaire de Diego-Garcia est au centre de grandes manœuvres militaires avec le déploiement de bombardiers furtifs de l’armée américaine dans le cadre d’une escalade militaire contre l’Iran. Les dirigeants de ce dernier pays ont placé la base militaire de Diego-Garcia au cœur de l’océan Indien comme une des cibles de représailles en cas d’attaques des Américains contre des intérêts iraniens car c’est un fait éprouvé que « the Indian Ocean islands represent an important part of UK-US security plans because of the strategically crucial Diego Garcia airbase. »

 

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