Quatre-Bornes (WARD 3) : La drogue, la pauvreté et l’insécurité décriées

Le Ward 3 de Quatre-Bornes comprend, entre autres endroits, le vieux Quatre-Bornes qui abrite l’église Notre-Dame-du-Rosaire, le collège du Saint-Esprit, l’église Saint-Patrick, mais aussi Ollier, Résidence Père-Laval, Trèfles et Résidence Beau-Séjour. Dans ces derniers quartiers, les habitants mettent en avant une insécurité grandissante face au fléau de la drogue et la pauvreté qui bat son plein alors que de plus en plus de jeunes traînent les rues en pleine journée à l’heure même où ils devraient être sur les bancs de l’école.
« Il nous faudrait davantage de visites de la part des autorités pour que les habitants puissent se sentir en sécurité. Dans le quartier, la plupart des jeunes ne vont pas à l’école et sont impliqués dans le trafic de drogue. La municipalité, c’est comme un petit gouvernement qui gère les quartiers, elle devrait se pencher sur ce problème. Beaucoup de nos jeunes délaissent les activités saines et se mêlent à des trafics illégaux », laisse instantanément échapper la gérante d’une tabagie en guise d’introduction aux problèmes rencontrés par les résidents.
C’est la préoccupation qui semble être sur toutes les lèvres à Résidence Beau-Séjour. De l’intérieur du petit local où elle tient boutique, elle sert ses clients à travers un petit espace percé dans une surface vitrée pour assurer sa protection. À côté, un barrage supplémentaire en bois vient tant bien que mal assurer un peu plus de sécurité.
Elle déplore le manque de loisirs pour les jeunes de l’endroit qui auraient pu, dit-elle, les détourner des voies dangereuses. Elle confiera même avoir déjà eu un client sous l’effet de la drogue, « laissant son produit sur le comptoir… j’ai dû vite m’en débarrasser. »
Pour cette boutiquière qui est venue habiter le quartier après son mariage, il y a définitivement un gros travail à faire avec les jeunes pour leur apprendre à vivre en communauté et pratiquer des activités saines. « Les parents ont un grand rôle à jouer mais beaucoup d’entre eux sont eux-mêmes dans le trafic. » De ce qu’elle a appris de son mari, autrefois, les policiers faisaient des visites plus fréquentes et animaient des causeries sur divers thèmes dont la sécurité routière. Les habitants se sentaient plus en sécurité. « Tel n’est plus le cas », s’attriste-t-elle.
La Deputy Mayor sortante, Pamela Ayacanou, avoue s’être battue pour la création d’un Multipurpose Complex pour le quartier de Beau-Séjour. « Les habitants n’avaient pas un endroit décent où se rencontrer et maintenant il y a plusieurs jeux d’intérieur auxquels ils peuvent s’adonner dans ce nouveau Multipurpose Complex. J’ai aussi milité pour la construction d’un mini terrain de foot à Ollier car autrefois ils devaient se rendre à Résidence Père Laval pour jouer au foot. En outre, nous avons aménagé un étage additionnel au centre communautaire d’Ollier où désormais plusieurs équipements de gym sont à la disposition des hommes et des femmes », explique-t-elle.
Quelques pas plus loin, un habitant évoque un problème de drains qui fait qu’en temps de grosses pluies, l’eau pénètre dans les cours avec toutes conséquences pour les occupants. « Zot finn met drin me si pena kondwi opu delo al lot plas, normal pou ena debordma. »
Sur l’avenue Tourterelle, un autre riverain fait pour sa part valoir que ce sont les habitants eux-mêmes qui sont fautifs dans bien des cas : « kan zot balye devan zot lakaz, kot zot met salete ? Dan ban trou drin, samem fer inondasyon kan lapli », simplifie-t-il.
Dans une rue adjacente, une autre habitante, exaspérée, lâche : « la drog partou dans la rezyon, akoz lapli pa pe trouv zot zordi. Nou kouma dir a labandon isi. Bann nouvo eli-la, pa trouv zot. » Heureusement, nuance-t-elle, elle arrive à puiser la force et du courage dans le bon voisinage qui existe dans cette partie de Beau-Séjour.
« Nou viv an kominote ek an pe isi. Pena baryer relizyon. Karem katolik, nou ti fer enn gran lapriyer kot mwa. Zordi, Eid, mo vwazinn inn invit tou bann vwazin e nou fini pare pou al manz enn bon briyani. Ena lantred. Kan ena la priyer, zot tou donn koudme », se réjouit-elle.
Une autre habitante la rejoint pour décrier l’insécurité que représente une maison abandonnée sur l’avenue Edward-Hart, non loin de là. « Ma belle-fille habite juste à côté. Cette maison est devenue un repaire de voyous, de toxicomanes. Se enn depo de feray. Zot met dife tou laba. La mairie doit s’en occuper. Les héritiers ne veulent rien faire. Ce n’est pas possible de vivre à côté d’un tel endroit », dit-elle.
Une centaine de mètres plus loin, une dame montre la rue Cardinal descendant sur la rue des Moineaux. « Kan lapli, bann dernye lakaz anba gagn delo. Bizin fer enn kitsoz », supplie-t-elle. Deux dames et trois enfants en bas âge interviennent. La plus jeune incite l’autre à parler. Celle-ci, hésitante, finit par lâcher : « Ti pou bon si ti gagn enn ti led manze. Lontan depite ti pe vini donn ti komisyon me aster pa trouv zot. » Mais un autre son de cloche désapprobateur se fait entendre : « donn zot travay zot pa oule travay, zot viv zis lor sekirite sosyal. CDU ti bizin vinn tcheke komye zanfan pa al lekol. »
À Résidence Père Laval, les habitants semblent moins sur le qui-vive. Un grand-père ne trouve rien à redire si ce n’est que le jardin d’enfants est, à ses yeux, dans un piteux état. « Il n’y a pas d’entretien, les jeux sont endommagés et des crottes de chien tapissent le sol. C’est un gaspillage ! Pourquoi ne pas améliorer cette aire de jeux. Autrement, la voirie fonctionne bien et nous avons un bon terrain de foot », nuance-t-il.
Trois de ses voisins, quelques mètres plus loin, déplorent la présence d’une maison abandonnée juste en face devenue une Dumping Zone. « Cela attire des moustiques et les gens ont cette fâcheuse habitude de prendre tout ce dont ils n’ont pas besoin pour venir s’en débarrasser ici ! » s’insurgent-ils, espérant que la municipalité puisse trouver une solution à la situation.
À Trèfles, non loin de l’église Saint-Patrick, une fleuriste, qui habite et travaille dans le quartier, assure le relais. Elle ne passe pas par quatre chemins pour revendiquer davantage de patrouilles dans l’endroit. « Nou bizin plis sekirite. » Racontant sa mésaventure, elle témoigne avoir été victime d’un vol dans son commerce. « Ena de pli zan pli voler. Enn misye inn rantre enn zour an plenn zourne dir mwa sanz so kas. Letan mo al sers mo portmone, li ras mo portmone ki ti ena enn mwa travay. Mo gagn per pou travay aster. Monn bizin instal kamera », partage-t-elle.
Elle déplore également la prolifération de toxicomanes ainsi que des accidents à l’angle des avenues Boundary et Panchoo. Elle se dit nostalgique du temps où l’on pouvait sortir à 19h et marcher sereinement dans les rues. « Aujourd’hui, nous avons peur de marcher dans les rues à cette heure. Pourtant, il y a une pharmacie juste en face. Les rues sont bien fréquentées mais nous ne sommes pas en sécurité. La police sait où se déroulent les trafics. Elle devrait y aller pour agir. Il faudrait mettre les toxicomanes dans un centre de réhabilitation. Je parle à certains parfois et certains m’écoutent et parviennent à trouver du travail et à changer de vie. » La fleuriste espère que le quartier de Trèfles puisse devenir un endroit où les habitants se sentent davantage en sécurité.

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Ward 3: 10 542 électeurs

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Les cinq arrondissements de Quatre-Bornes comptent 60 446 électeurs inscrits, d’après le registre 2024 de la Commission électorale. Ci-après le nombre d’inscrits par centre de vote :

Ward 1
Remy-Ollier ‘A’ Government School – 3 463
Beau-Séjour Government School – 3 622
Baichoo Madhoo Government School – 3 765

Ward 2

Eugène Dethise R.C.A. School – 2 607
Sir Veerasamy Ringadoo Government School – 4 347
Émilienne Rochecouste Government School – 3 308
Sodnac State Secondary School – 1555
Gaëtan Raynal State College – 1 376

Ward 3

VG Sookun Gaya Government School – 5 555
Louis Nellan ‘B’ Government School – 3 387
Quatre-Bornes State Secondary School – 1600

Ward 4
Louis Nellan ‘A’ Government School – 8 547
Palma Government School – 4 021

Ward 5

Hurrylall Chooromoney Government School – 9 363
Candos Government School – 3 930

 

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