Le casse-tête de la dette: hausse de 43% en cinq ans Rs 546,1 milliards au 30 juin

L’un des principaux indicateurs de la gestion des finances publiques, relevé dans le dernier rapport du Directeur de l’Audit, le Dr D. Paligadu, demeure l’évolution de l’endettement public. Ainsi, le dernier rapport pour l’exercice financier se terminant au 30 juin dernier, confirme que ce paramètre a enregistré une détérioration de 43% au cours des cinq dernières années. De ce fait, au 30 juin dernier, la montagne de la dette se montait à Rs 546,1 milliards, soit Rs 164,3 milliards de plus entre le 30 juin 2020 et le 30 juin 2024, soit littéralement la durée du mandat du précédent gouvernement sous Pravind Jugnauth.

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À la fin du dernier exercice financier, la Public Sector Domestic Debt était de l’ordre de Rs 430 milliards, représentant 78,7% du montant global de l’endettement public. « This represents an increase of 13,1 per cent over the past year’s Public Sector Domestic Debt balance of Rs 380,3 billion », note le rapport de l’Audit, qui ajoute qu’au cours de ces dernières années, la dette locale a augmenté de 35,6%, soit Rs 317,1 milliards au 30 juin 2020 à Rs 430 milliards au 30 juin dernier.

De son côté, la dette étrangère a augmenté de 79,6% au cours de ces cinq dernières années. Toutefois, le rapport de l’Audit concède que « as at 30 June 2024, Public Sector External Debt of Rs 116,2 billion constituted 21,3 per cent of total Public Sector Debt of Rs 546.1 billion, which is in line with the Government objective to keep the share of Government foreign debt below 22 per cent (Estimates 2023-2024 – Debt Management Strategy). »

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Au cours du dernier exercice financier, des prêts additionnels de Rs 3,6 milliards ont été contractés auprès des institutions financières étrangères. De cette somme, Rs 2,8 milliards ont été sous forme de prêts, signés en décembre 2023, pour le secteur de l’eau. Par contre, la dette étrangère des corporations publiques et autres corps para-étatiques a régressé de 2,2%, passant de Rs 31,4 milliards au 30 juin 2023 à Rs 30,7 milliards un an après.

La dette étrangère est libellée en devises étrangères principalement comme suit :

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753 millions d’euros

345 millions de dollars américains

314 millions de yuan (chinois)

233,2 millions de Droits de Tirage Spéciaux

198,1 millions de Saudi Ryal

L’Audit souligne que “the exchange rate fluctuations had a significant impact on BCG’s external debt including debt servicing, with exchange losses ranging from Rs 1,1 billion to Rs 6,5 billion occurring in 4 out of the past 5 financial years ». Le rapport préconise que le ministère des Finances adopte des stratégies en vue de réduire des risques au tableau des changes. « With a view to minimising exchange losses, the Ministry has taken the following measures: maintain foreign debt at low, representing just around 18 per cent of the total Government debt at end of June 2024, diversify the currency composition of the foreign debt. »

Avec la tendance enregistrée, le rapport de l’Audit confirme que le ratio de la dette au Produit intérieur brut (PIB) a crevé la barre des 80% en 2023/24 en dépit de toute la gymnastique lexique de l’ancien ministre des Finances, Renganaden Padayachy. « The percentage of Budgetary Central Government (BCG) Debt and PSD Gross to GDP of 73.4 per cent and 81.4 per cent exceeded the target specified in the Estimates 2023-2024 Debt Management Strategy by 11,4 and 9,9 percentage points respectively. Furthermore, both BCG debt and PSD (Gross) have exceeded the estimated amounts by Rs 43,8 billion and Rs 29,6 billion respectively », reconnaît sans ambages le rapport.

L’endettement à outrance pour financer les dépenses

En 2023/24, Rs 148,2 milliards d’emprunts alors que les revenus n’avaient progressé que de Rs 13,6 milliards pour atteindre Rs 310 milliards

Rs 125,7 milliards, soit 40% des dépenses, pour le Servicing de la dette publique en 2023/24

Dans son analyse de la gestion des fonds publics, le rapport de l’Audit met l’accent sur la High Dependence of Government on Borrowings to Finance its Expenditure. Pour cause, les chiffres dans le rapport en parlent d’eux-mêmes. Dans cette perspective, l’Audit maintient que “the Ministry of Finance should devise strategies for stringent expenditure control”.

D’une année financière à l’autre, les revenus publics étaient passés de Rs 296,4 milliards à Rs 310 milliards, soit une progression de Rs 13,6 milliards. Les recettes fiscales représentaient 46% alors que les emprunts étaient de 48% “indicating high reliance on borrowings to finance expenditure”.

L’Audit avance que les Borrowings étaient de Rs 148,2 milliards, dont Rs 144,5 milliards sous forme de Government Securities, Rs 122,8 millions de la SIC Development Company Ltd and Rs 3,6 milliards de l’étranger.

Les dépenses publiques encourues étaient de Rs 311,5 milliards contre Rs 292,8 milliards pour le précédent exercice financier, soit une hausse de Rs 18,7 milliards.

Les Principals dans les dépenses publiques sont comme suit:

la Sécurité sociale : Rs 8,7 milliards

les Terres et le Logement : Rs 2 milliards

la Santé : Rs 1,6 milliard

les Finances : Rs 1,2 milliard et

les Centrally managed initiatives of Government: Rs 3,5 milliards.

Au cours de l’exercice financier se terminant au 30 juin dernier, le Servicing de la dette publique a nécessité des déboursements de Rs 125,7 milliards, soit des remboursements de capitaux de Rs 107,8 milliards et d’intérêts de Rs 17,8 milliards de même que des Management/Service Charges de Rs 38,1 milliards.

“This accounted for 40 per cent of total Government expenditure, compared to 44 per cent in financial year 2022-23. While debt servicing expenditures slightly decreased over the last financial year, the overall high level of debt servicing continues to impose a significant fiscal burden”, met en garde l’Audit.

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