COMMERCE Ouverture du 3e round de discussions ce matin


Maurice-Turquie : un FTA visant à des synergies entre les deux " hubs "

Maurice et la Turquie veulent utiliser leurs positions stratégiques en tant que hubs régionaux pour accroître leurs échanges commerciaux et les opportunités d'affaires pour les entrepreneurs des deux pays. Un accord de libre échange (Free Trade Agreement) ne peut qu'aider dans la réalisation d'un tel objectif. C'est ce que les chefs de délégations mauricienne et turque ont souligné, ce matin, au lunch room de l'Assemblée législative à l'ouverture du 3e round de discussions pour la conclusion de ce FTA.

Le secrétaire aux Affaires étrangères, Anand Neewoor, chef de la délégation mauricienne et Husnu Dilemre, directeur général du Prime Ministry for Foreign Trade de la Turquie, ont soutenu que Maurice et la Turquie ont intérêt à placer le développement futur de leur coopération sous un FTA dans un cadre plus large compte tenu de la position géographique stratégique des deux pays dans leurs zones respectives. La Turquie, a indiqué Anand Neewoor, sert de pont entre l'Europe et l'Asie alors que Maurice est une porte d'entrée vers l'Afrique considérant son appartenance aux blocs régionaux que sont le COMESA et la SADC.

" Il est important que dans le cours de nos discussions, nous explorons la possibilité d'une coopération triangulaire implique, d'une part, la Turquie, Maurice et l'Union européenne et, d'autre part, la Turquie-Maurice et l'Afrique ", a déclaré le secrétaire aux Affaires étrangères. Husnu Dilemre a renchéri : " Le moment est venu pour joindre les deux forces en tant que hubs régionaux et utiliser les synergies créées pour développer plus d'opportunités commerciales. "

Dans leur allocution, les deux responsables de délégation ont reconnu qu'il y a une nécessité de développer les relations commerciales et économiques entre les deux pays. Les échanges commerciaux entre Maurice et la Turquie ont jusqu'ici été fondés sur le Système et Préférence Généralisées (SPG) mais, comme l'a fait ressortir Anand Neewoor, le SPG ne répond pas véritablement au nouveau dynamisme de l'économie mondiale et ne permet pas de profiter pleinement des potentiels des échanges commerciaux entre les deux pays.

Il faut donc un FTA qui offre une certaine prévisibilité et sécurité légale aux échanges préférentiels. " We are ready to put all our efforts to conclude our negotiations with you ", a indiqué le chef de la délégation turque. Les deux pays veulent aller vite vers la signature d'un tel accord. Pour Maurice, les démarches pour la conclusion d'un FTA avec la Turquie cadre avec les efforts visant à harmoniser les politiques commerciale et économique avec l'ensemble de l'Europe. Maurice, a rappelé Anand Neewoor, a déjà signé un accord intérimaire avec l'Union européenne en août 2009, accord prévoyant un accès libre et hors taxe de nos produits au marché de l'UE.

Un FTA devrait contribuer à une intensification des échanges entre Maurice et la Turquie.

Présentement, s'est plaint Anand Neewoor, le commerce est déséquilibré. Les exportations mauriciennes se sont élevées à environ 10 millions de dollars en 2009, soit seulement 0,01 % des importations totales de la Turquie. Ce pays a exporté pour près de US$ 30 millions vers Maurice, soit un maigre 0,02 % de ses exportations totales. Les produits turcs importés sont principalement des barres de fer, des articles en cuir, des machines et des pneus en caoutchouc. Maurice exporte un nombre restreint de produits dont le tissu denim, des t-shirts et d'autres matières premières en coton.

Les deux pays ont réalisé des avancées dans leurs discussions. La Turquie a donné son accord pour un accès préférentiel de produits industriels mauriciens. Pour le 3e round de disccussions à Port-Louis, les deux délégations vont se concentrer sur les règles d'origine et les préférences sous le chapitre de l'agriculture.