Meurtre de Trou-aux-Biches


Deux suspects appréhendés et inculpés provisoirement


FONCTION PUBLIQUE Les syndicats :


" Le plan Mansoor caduc "


APRM Après le projet de rapport


Le GM se prépare à donner sa version


Meurtre de Trou-aux-Biches


Deux suspects appréhendés et inculpés provisoirement

Le suspect Jagan Bhoopendre, en Cour de Pamplemousses à la mi-journée, confirme s'être rendu chez la victime vers 20h, vendredi

L'enquête policière sur l'agression mortelle de Rahul Jhowry, 59 ans, ancien chargé de cours au Mauritius Institute of Education (MIE), a débouché, dans la soirée d'hier, sur l'arrestation de deux premiers suspects, des habitants de la région de Bois-Marchand. La police privilégie la piste que la victime connaissait intimement ses agresseurs avec l'exécution d'un plan qui aurait dérapé. Un troisième suspect est activement recherché par les limiers de la CID de Trou-aux-Biches, qui bénéficie de la collaboration de leurs collègues de Terre-Rouge et de la Major Crimes Investigation Team (MCIT).

Jagan Bhoopendre, 41 ans, un " Habitual Criminal " fiché à la police, a été appréhendé en début de soirée hier par une escouade de la CID de Trou-aux-Biches. Il a été soumis à un feu roulant de questions sur son emploi du temps dans la soirée de vendredi à samedi. Tout en rejetant les accusations selon lesquelles il est l'un des meurtriers présumés de Rahul Jhowry, meurtre commis vers 2 heures 30 samedi matin dans un bungalow à Trou-aux-Biches, il a concédé qu'il avait rendu visite à la victime dans la soirée de vendredi.

Jagan Bhoopendre, dont l'un des proches a été initialement interpellé par la police durant le week-end puis relâché dans le cadre de cette même enquête, a indiqué à la police qu'il a rencontré le chargé de cours à son bungalow de Trou-aux-Biches vers 22 heures, vendredi. Les enquêteurs tentent actuellement d'établir les raisons de cette visite nocturne et de confirmer que la victime et ce suspect se connaissaient intimement et étaient " en affaires ".

Avec les preuves versées au dossier à charge, les responsables de cette enquête affirment qu'ils devront être en mesure d'élucider les circonstances et la cause de cette agression mortelle, qui pourrait relever d'une " mise en scène " pour cambriolage qui aurait mal tourné. Jagan Bhoopendre pourrait être confronté en cours d'après-midi à des preuves irréfutables de sa participation à cette agression.

Pour sa part, Michael Giovanni Jules, 29 ans et maçon de son état, a été arrêté par des membres de la CID de Terre-Rouge. L'intérêt des enquêteurs pour ce suspect est qu'il porte des blessures à ses pieds. Le prévenu a été interrogé sur ces blessures compte tenu du fait que dans la fuite, l'un des trois assaillants aurait été blessé par des structures métalliques en franchissant le mur d'enceinte du bungalow.

Des recoupements d'information auprès des sources policières autorisées avancent qu'un premier constat superficiel de ces blessures confirmerait l'origine comme étant les structures métalliques sur le mur du bungalow. Les limiers de la CID attendent les conclusions formelles des médecins légistes après un examen médical approfondi.

Une autre preuve accablante contre ce suspect pourrait être la chaussure de pointure 40 retrouvée par la police à côté du mur avec la chute d'un des trois meurtriers. Les limiers du de la CID s'apprêtaient à faire Michael Giovanni Jules participer cet après-midi au " test de Cendrillon " avec la chaussure versée comme Exhibit. En cas de confirmation de la pointure de ce suspect, il court le risque de rester encore longtemps en détention provisoire pour l'agression mortelle de Rahul Jhowy.

Jagan Bhoopendre et Michael Giovannu Jules ont comparu ce matin devant le tribunal de Pamplemousses pour leur inculpation provisoire dans le meurtre de ce chargé de cours. Ces deux prévenus étaient recherchés par la police depuis le week-end. Un troisième suspect, dont le signalement a été communiqué à tous les postes de police, est activement recherché.

Rappelons qu'aux petites heures du matin samedi, Rahul Jhowry, qui venait de rentrer d'une tournée nocturne, dont le Casino du Caudan, avait été retrouvé ligoté dans son lit. Il devait mourir d'asphxie alors qu'une somme de Rs 47 000 avait été emportée par les suspects. Les enquêteurs retiennent la thèse d'un plan mal tourné vu que la victime et les suspects se connaissaient. La nouvelle étape dans l'interrogatoire des deux premiers suspects cet après-midi devrait confirmer ou infirmer cette thèse.


FONCTION PUBLIQUE Les syndicats :


" Le plan Mansoor caduc "

La Governement General Services Union (GGSU) et la Government Services Employees Association (GSEA) exigent que le plan Mansoor avec un gel des recrutements et des promotions au sein de la fonction publique soit rendu caduc. Telle a été la principale demande du président de la GGSU, Rashid Imrith et du président de la GSEA, Radhakrishna Sadien lors de leur rencontre avec le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen sur les remous et controverses soulevés par les " HR Guidelines " du secrétaire financier, Ali Mansoor. Le processus de consultations avec les syndicats de la fonction publique se poursuivra après la fête du Maha Shivaratree avec une séance de travail plénière réunissant M. Sithanen et le ministre de la Fonction publique, Balkissoon Hookoom.

Entre-temps, deux développements majeurs sont intervenus prenant à contre-pied le secrétaire financier. D'abord, Ali Mansoor a tenté, dans une déclaration vendredi sur une radio privée, de faire croire que des fonctionnaires de la catégorie " Clerical ", au nombre de 2 700, n'ont été nullement pénalisés par rapport au paiement d'Increments avec la mise en application des recommandations du Pay Research Bureau (PRB).

Or, hier après-midi, le président de la GGSU, syndicat ayant évoqué officiellement ce problème, a été informé que des mesures correctives nécessaires seraient prises dans les meilleurs délais en vue de rétablir la situation. Des consultations sont prévues dans les instances appropriées en fin de semaine pour identifier les problèmes au niveau des amendements avec les " Schemes of Service " ouvrant la voie à ces " Increments ".

" Nous avons également obtenu la garantie formelle de l'hôtel du gouvernement qu'une fois les problèmes résolus, le paiement des Increments à ces quelque 2 700 fonctionnaires pénalisés se fasse avec effet rétroactif, soit à partir de novembre 2008. Nous souhaitons que ces fonctionnaires n'attendent pas encore deux ans pour obtenir satisfaction suite à cette promesse officielle ", a ajouté Rashid Imrith.

Le second développement positif du point de vue syndical est la déclaration sans équivoque du vice-Premier ministre et ministre des Finances que les postes, dont des dotations budgétaires ont été votées par l'Assemblée nationale, devront être remplis sans avoir à obtenir de nouveau le feu vert des Finances. Les sources syndicales affirment que M. Sithanen a annoncé la sortie d'une prochaine lettre circulaire pour stipuler cette condition pour les postes et promotions votée fin 2009 dans le budget 2010.

" Nous avons obtenu cette garantie pour 2010, qui est une année électorale. Mais nous resterons vigilants pour 2011 et les années subséquentes car ce que nous constatons avec les HR Guidelines ; le secrétaire financier se dote de pouvoirs et de prérogatives d'un super ministre en parallèle au Conseil des ministres et à l'Assemblée nationale. Le plan Mansoor doit être déclaré caduc. Avec la réunion d'hier, nous avons remporté une première manche mais les fonctionnaires doivent se mobiliser pour préserver leurs droits acquis ", s'est appesanti le président de la GGSU.

De son côté, le président de la GSEA se montre sceptique quant aux promesses de recrutements pour remplir les 5 000 postes dans la fonction publique annoncés par le vice-Premier ministre et ministre des Finances. " Nous savons que la PSC a clairement fait comprendre aux différents ministères qu'il n'y aura pas de recrutement dans la fonction publique sans les amendements aux différents Schemes of Service préconisés par le rappport du Pay Research Bureau. Ces Schemes of Service restent bloqués depuis deux ans déjà. Dans la conjoncture, nous pouvons prévoir qu'il n'y aura pas de recrutement, comme promis, à moins que le gouvernement ne trouve un compromis ", déclare Radhakrishna Sadien.

Le président de la GSEA fait ressortir qu'à ce stade, le gouvernement n'a pas encore soumis le " Civil Establishment Order " à l'Assemblée nationale pour être adopté dans le sillage du budget. " Pour le précédent budget, le Civil Establishment Order, qui fait provision légale pour les différents postes dans la fonction publique, a été voté presque six mois après le vote sur le budget à l'Assemblée nationale. Nous nous demandons si cette démarche et aussi les délais dans l'adoption de nouveaux Schemes of Service ne font pas partie d'une stratégie délibérée de la part des autorités pour bloquer les recrutements et les promotions dans la fonction publique. Les problèmes des fonctionnaires sont loin d'être résolus avec les nouvelles promesses ", ajoute Radhakrishna Sadien après la réunion hier avec le vice-Premier ministre et ministre des Finances.



Finances : des consultants à Rs 300 000 par mois

Face à la politique de gel de recrutements et de promotions dans la fonction publique prônée par le secrétaire financier, Ali Mansoor, la Government General Services Union (GGSU) revient à la charge avec le recrutement de consultants étrangers avec des salaires de l'ordre de Rs 300 000 par mois. Le président de la GGSU, Rashid Imrith, est en présence depuis ce matin d'une liste de pas moins de 15 consultants étrangers au ministère des Finances, dont le recrutement n'a pas été sanctionné par la Public Service Commission ou encore par le Conseil des ministres. Une autre liste d'une douzaine de contractuels concerne des fonctionnaires à la retraite et réembauchés sous contrat pour les finances.

Le recrutement de ces consultants se fait sous le programme de " Capacity Building " avec des contrats annuels renouvelables. Selon des sources bien renseignées, la plupart de ces contractuels proviennent de la Banque mondiale et autres institutions internationales. La majorité des contrats ont été signés en juin-juillet de l'année dernière avec la reconduction prévue pour cette année. La GSGU compte écrire officiellement au Premier ministre pour réclamer des précisions sur ces contrats et les dépenses encourues.

Les consultants suivants ont été recrutés sous le Capacity Building Programme : Bhavik Desai, Hannah Rojoa, Julia Mensah, Marshall Cristibal, Alvin Veren, (Mme) Deenambal Grave, (Ms) Valyani Veerasamy, Ganessen Chipanpen, (Mme) O. Ruhomutally, Anoop Poorrosotumaren, (Ms) Poovambal Coolen, Muhammad Hansye (Ms), Zauleshwaree Bhugun, Selvarajen Veeragou (Ms), Habita Coovaloo et Avisk Hular Parayag.


APRM Après le projet de rapport


Le GM se prépare à donner sa version

Le gouvernement se prépare actuellement à présenter sa version à la suite de la soumission par l'African Peer Review Mecanism (APRM), une instance du New Partnership for Africa's Development (NEPAD), d'un projet de rapport. " Le rapport contient un certain nombre d'impressions. Nous voulons comprendre quelle est la méthodologie utilisée pour analyser la situation à Maurice ", a fait comprendre au Mauricien ce matin un porte-parole du gouvernement.

Le projet de rapport relève un certain nombre de faiblesses au niveau de la gouvernance à Maurice, estimant que la corruption affecte les institutions démocratiques. De plus, il remet en cause certaines pratiques politiques à Maurice " qui ne servent plus le pays ".

" There is broad consensus at the national level that corruption still affects a number of key democratic institutions (i. e. : political parties, Parliament, the Judiciary, the Executive) as well as key institutions in the socio-economic sectors ", souligne le rapport, estimant que le champ d'action du Prevention of Corruption Act est très limité par rapport à la corruption au niveau du secteur privé.

Le projet de rapport souligne également qu'il existe une perception que le système politique ne sert plus le pays. " There is a feeling that a new dispensation is needed, which enables the opening up of democratic space beyond the long standing coalitions, seen by some a club, in which any party or individual outside the three parties is left out with no hope to get in ", constatent les auteurs.

Au lancement de nouvelles consultations à Maurice, en juillet 2009, le ministre des Affaires étrangères, Arvin Boolell, avait insisté sur le fait que Maurice doit se méfier de la complaisance et continuer " on improving in terms of governance, transparency and accountability ". " If we are not constantly vigilant, we may find ourselves confronted with unexpected governance shortcomings. As a self-introspective tool, the APRM exercise should allow us to take appropriate action to address challenges and correct deficiencies that are identified, as we constantly need to be reassessed ", avait-il alors déclaré.

L'exercice d'évaluation de la situation économique, sociale et politique de Maurice a été effectué par un comité de sage de l'APRM présidé par le Pr Mohammed Seghir Babes. Ce dernier est également le président de l'Union des Conseils économiques et sociaux et institutions similaires d'Afrique (UCESA).

Le National Economic and Social Council (NESC) a été choisi comme focal point pour cet exercice à Maurice depuis 2007. La firme Ernst & Young a été choisie comme consultant à la suite d'un appel d'offres. Une série d'ateliers de travail a été organisée. Quelque 1 300 réponses à des questions préparées à cet effet ont été reçues. Sur la base des informations obtenues, un premier rapport a été préparé par le NESC et Ernst and Young. Ce rapport a servi de base pour de nouvelles consultations organisées l'année dernière sous la direction du Pr Mohammed Seghir Babes.

Un country report a été soumis au gouvernement mauricien le 8 décembre dernier. Le GM a demandé un prolongement du délai pour la soumission de ses commentaires du fait qu'à cette époque, il était pris par les débats budgétaires. Ce qui a été obtenu. Une fois la réaction du gouvernement soumise à l'APRM, le rapport final sera préparé. Il devra alors être défendu par le chef du gouvernement mauricien devant ses pairs à une réunion au Sommet de l'Union africaine.



L'African Peer Review Mecanism

L'African Peer Review Mecanism (APRM) a été lancé en 2003 par le NEPAD. Ce mécanisme constitue un outil de suivi auquel les pays membres de l'Union africaine peuvent adhérer volontairement. Aux termes de sa définition officielle, " the objective of the APRM is to foster the adoption of policies, standards and practices leading to political stability, high economic growth, sustainable development and accelerated regional and economic integration through sharing of experiences and reinforcement of successful and best practice, including identifying deficiencies, and assessing the needs for capacity building ".

Maurice a été un des premiers pays à adhérer volontairement au projet en 2004. Un premier projet de rapport sur Maurice avait été soumis par les autorités mauriciennes mais n'avait pas, par la suite, été complété. D'où la nécessité d'engager de nouvelles consultations à Maurice. Celles-ci ont été lancées par le ministre des Affaires étrangères, Arvin Boolell, en juillet 2009.