CONFÉDÉRATION SYNDICALE Rupture
La MTUC vers l'éclatement après le départ de la SEF
ASSEMBLÉE NATIONALE Mardi prochain
Etienne Sinatambou présidera la séance
CONFÉDÉRATION SYNDICALE Rupture
La MTUC vers l'éclatement après le départ de la SEF
La State Employees Federation (SEF), qui regroupe 13 024 membres, a décidé de se retirer du Mauritius Trade Union Congress (MTUC), confédération syndicale comptant 21 379 adhérents. Évoquant les raisons de cette décision, lors d'une conférence de presse, mercredi, le président de la SEF, Radhakrishna Sadien, a allégué que l'indépendance du MTUC est menacée par une " politique de petits copains ". De son côté, le nouveau président du MTUC, Rajesh Buldee, affirme que certains dirigeants syndicaux de la SEF ne feraient que " défendre leurs propres intérêts. "
Cette rupture survient suite à l'élection du nouveau bureau exécutif du MTUC qui a vu la victoire de l'équipe dirigée par M. Buldee, samedi dernier, et le rejet par la Cour Suprême, la veille, d'une demande d'injonction de la SEF pour interdire la tenue de cette élection. " Une atmosphère malsaine et une politique de petits copains régnaient au MTUC ces derniers temps. L'indépendance de cette confédération syndicale est menacée ! ", soutient Radhakrishna Sadien. Rappelant que la SEF a été, conjointement avec l'Artisans and General Workers Union (AGWU), un des membres fondateurs de la confédération à avoir uvré à la relance du MTUC en 2000, M. Sadien déplore le rôle de " big brother " que joueraient, selon lui, deux ou trois petits syndicats.
" La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf finit par éclater. Tous confondus, ces syndicats ne regroupent que quelque 400 membres. Ils jouent sur une certaine confusion et certaines lacunes dans les statuts stipulant qu'un syndicat doit compter entre 0 et 300 adhérents pour avoir droit à dix délégués. Or, la SEF compte 13 024 membres et ils veulent lui faire accepter que huit membres. C'est injuste ! Où est la démocratie ? " Arguant que les grosses fédérations syndicales devraient avoir voix au chapitre, le président de la SEF soutient qu'il a contribué aux efforts pour que le MTUC obtienne ses affiliations à l'International Confederation of Free Trade Unions (ICFTU) et à la Southern African Trade Union Coordination Committee (SATUCC).
Avec le retrait de la SEF du MTUC, M. Sadien souligne que c'est 70% des membres qui s'en vont. " Il y a d'autres syndicats qui envisagent de se retirer du MTUC ", déclare-t-il.
Interrogé sur le départ de la SEF, Rajesh Buldee déclare : " Sadien, un syndicaliste expérimenté, montre qu'il n'a pas à coeur l'intérêt des salariés. Il ne fait que défendre ses propres intérêts. Si nous sommes arrivés à cette situation d'une élection de l'exécutif par le biais de bulletins secrets, c'est sur une demande de M. Sadien. " Il souligne qu'au cours de ces neuf dernières années, qu'il soit petit ou grand, chaque syndicat membre avait droit à un siège réservé. " Indépendamment de l'issue du scrutin, la SEF bénéficiait de trois sièges réservés ; l'AGWU et la FDUC obtenaient chacune deux sièges réservés ", précise le président du MTUC.
Rajesh Buldee souligne que la convocation de l'assemblée des délégués, le 27 juin, pour élire 18 membres de l'exécutif, découle d'une demande expresse de M. Sadien, selon la clause 16 (a) des statuts du MTUC. " Malgré le fait que j'ai essayé de convaincre M. Sadien d'opter pour le système traditionnel de reserved seats, celui-ci s'y est opposé. Il avait même adressé une lettre de protestation, signée par quatre affiliés, le jour même de l'AGM du MTUC le 31 mars 2009 ", déclare-t-il. Du 31 mars à ce jour, deux demandes d'injonction ont été servies au MTUC, indique M. Buldee. Dans sa deuxième demande d'injonction, la SEF réclamait plus de 45 délégués. " Mais lorsque la cour s'est rendue compte qu'en vertu des règlements, la SEF n'a droit qu'à dix membres, M. Sadien a décidé de retirer ses dix candidatures ", estime M. Buldee, avant d'ajouter : " C'est un jour triste pour l'ensemble du mouvement syndical. Des salariés font confiance aux dirigeants, et ceux-ci prennent des initiatives pour provoquer des scissions au sein de fédérations syndicales. "
ASSEMBLÉE NATIONALE Mardi prochain
Etienne Sinatambou présidera la séance
Etienne Sinatambou, Deputy-Speaker, présidera la séance des travaux parlementaires mardi prochain. Le Speaker, Kailash Purryag, se trouve depuis hier à la tête d'une délégation en France en compagnie d'Arianne Navarre-Marie du MMM et de Rihun Hawoldar de l'Alliance sociale. La délégation mauricienne sera de retour mercredi prochain à 06h.
C'est la première fois qu'Etienne Sinatambou aura l'opportunité d'assumer ces responsabilités à 100%. Depuis sa nomination, le 19 septembre 2008, dans le sillage du dernier remaniement ministériel, il suppléa le Speaker que quand ce dernier se retirait de l'hémicycle pour quelques heures.
A la fin de la Private Notice Question (PNQ), la Prime Minister's Question Time (PMQT) et les Parliamentary Questions (PQs'), les débats se poursuivront sur le DNA Identification Bill qu'a présenté le Premier ministre, Navin Ramgoolam mardi dernier. Après le Leader of the House, Paul Bérenger, chef de l'Opposition, Pravind Jugnauth, porte-parole du MSM et le ministre du Logement, Abu Kasenally ont déjà pris part aux débats sur ce projet de loi.
Abu Kasenally s'est montré reconnaissant envers le PM pour sa démarche visant à moderniser la force policière, pour la rendre plus efficiente. Avant de présenter le projet, rappelle-t-il, le Chef du gouvernement a eu des discussions avec ses membres, le State Law Ofice (SLO), la police et d'autres experts ainsi que le leader de l'opposition. Les dispositions du DNA Identification Bill, dit-il, constituent un outil efficace en vue de combattre le crime et traîner les coupables en Cour de justice. Le gouvernement, met-il en exergue, veut protéger la société tout en respectant les droits fondamentaux de la personne.
Les autres parlementaires qui devront participer à ce débat sont en l'occurrence Shakeel Mohamed, Madan Dulloo, Yatin Varma, Fazeela Jeewa-Daureeawoo, James Burty David, Sunil Dowarkasing, Leela Devi Dookun-Luchoomun, Rama Valayden et Ajay Gunness. Puis, ce sera au tour du PM de faire un résumé des débats.
Figureront aussi à l'agenda, l'Additional Remuneration Bill, le Notaries (Amendment) Bill et le Mauritius Land Transport Authority Bill.