NOTATION Économie et finances


Moody's revoit à la baisse ses Ratings pour Maurice


APM Décision prise hier soir


Carburants : hausse maximale de 7,5 %


CARBURANTS Hausse des Prix


L'ICP réclame la démission du directeur de la STC


CARBURANT Rajesh Buldee (MTUC) :


" La hausse maximale de 7,9 % est inadmissible "


COLLECTIVITÉS LOCALES Conseil du Nord


Pitambar Ramdhoneea élu président


NOTATION Économie et finances


Moody's revoit à la baisse ses Ratings pour Maurice

La dernière notation de Moody's Investors Service, officielle depuis hier, est venue remettre en perspective les répercussions de la crise internationale sur les principaux secteurs d'activités économiques à Maurice. En effet, en se basant sur les prévisions pour l'industrie touristique et le secteur du textile et les risques potentiels d'une reprise du chômage d'ici à la fin de cette année, cette agence de notation internationale a entériné sa décision de mettre sur la Watchlist for Downgrade les deux principales institutions bancaires, en l'occurrence la Mauritius Commercial Bank et la State Bank of Mauritius, qui disposent respectivement de consolidated total assets de Rs 141,1 milliards (US $ 4,2 milliards) et de Rs 71,98 milliards (US $ 2,1 milliards).

Justifiant la démarche de Moody's Investors Service, Elena Panayiotou, analyste basée à Limassol à Chypre, souligne que " the review of the Bank Financial Strength Ratings (BSFRs) will focus on assessing the impact of the economic crisis on the banks' financial fundamentals and on their overall creditworthiness ". Ce développement fait l'objet depuis hier d'une communication officielle postée sur le site internet de Moody's et consulté par le monde de la haute finance de manière systématique.

L'une des raisons appuyant ce nouvel exercice d'évaluation après celui intervenu il y a 18 mois est que " Moody's expectation that the weakening operating environment in Mauritius will exert pressure on the bank's asset quality metrics, leading to higher credit losses on the banks' loan portfolios than were previously incorporated in the ratings, straining capitalisation ".

L'exercice de réévaluation des risques, qui a été initié par Moody's, vise à " reassess the level of systemic support for Mauritian banks to determine whether the systemic support they receive needs to be more closely aligned to the gouvernements local currency bond rating ". Les facteurs qui seront tenus en ligne de compte sont, entre autres, " the size of the banking system in relation to government resources, the level of stress in the banking system, the foreign currency obligations of the banking system relative to the governments own foreign exchange resources ".

Plus loin, l'analyse de Moody's rappelle que " given that the local currency deposit ceiling for Mauritius is six notches higher than the government debt rating, a supporting entity input that converges with the government's debt rating could result in lower local currency deposit ratings, by as much as three notches ".

Néanmoins, Moody's reconnaît que " the banks' overall financial strength remains robust and is supported by strong capital levels and good profitability ". Les appréhensions de cette agence de notation internationale sont que " the global economic downturn is likely to continue to impact key productive segments of the small Mauritian economy - such as tourism and the manufacturing industry - leading to higher credit losses on the banks' corporate portfolios, primarily in these segments ".

Moody's avance que d'autres problèmes pourraient venir se greffer aux difficultés que doivent affronter ces deux piliers de l'économie mauricienne. À ce titre, elle appréhende le fait que " delinquencies in the retail sector are also likely to rise given an anticipated increase in unemployment ".

Poussée du chômage

Les dernières statistiques publiées officiellement et les prévisions confirment une tendance à la reprise à la hausse du taux de chômage pour cette année. " Unemployment rate is expected to increase from 7,2 % in 2008 to 8 % in 2009 ", note le dernier rapport du Bureau central des Statistiques. À fin mars dernier, le nombre de chômeurs avait augmenté de 9 900 comparativement à la fin de décembre, où, semble-t-il, les possibilités d'emplois saisonniers étaient plus importantes.

D'autre part, sur les 8 280 emplois perdus à la fin de mars dernier comparativement à mars 2008 dans le secteur des export-oriented enterprises (EOE), les femmes ont été affectées deux fois plus que les hommes. Au total, 5 968 femmes ont perdu leur emploi contre 2 312 hommes alors que le nombre de ressortissants étrangers a connu une hausse de 1 423 au cours de la même période. La filière du wearing apparel a été la plus touchée par le phénomène de réduction d'emplois, notamment de 7 380 postes, passant de 49 037 à 41 657.

Un autre sujet d'inquiétude évoqué en filigrane par Moody's est l'endettement public. À ce titre, mention est faite que " most governments are at least as likely, if not more likely, to support their banking systems as they are to service their own debts - a view that has traditionally led to bank ratings often benefiting from significant uplift due to systemic support (using the local currency deposit ceiling as a proxy for the government's ability to support banks). However, in the event of a banking crisis becoming truly systemic and protracted, the capacity of a country and its Central Bank to support the nation's banks converges with the government's own debt capacity. "

Cette analyse de Moody's contraste avec les dernières conclusions du Monetary Policy Committee de la Banque de Maurice, qui met l'accent sur le caractère robuste des balance sheets des principales banques commerciales du pays. " Economic conditions in Mauritius have been influenced by these global economic developments. The data show that quarterly growth declined steadily in the last three quarters of 2008 to reach 4,3 per cent in the final quarter. This trend is expected to have persisted during the first semester of 2009. The Monetary Policy Committee noted that visibility in the global growth Outlook has improved slightly since March 2009. As a result, a reversal of the declining trend in quarterly domestic growth rate is anticipated in the second half of 2009 given brighter prospects in major export markets ".


APM Décision prise hier soir


Carburants : hausse maximale de 7,5 %

Les prix des produits pétroliers ont encore une fois pris l'ascenseur avec la décision du comité de l'Automatic Pricing Mechanism (APM) hier soir d'appliquer une hausse au taux maximal de 7,5 % des prix de l'essence (de Rs 42,30 à Rs 45,45 le litre), du diesel (de Rs 35,65 à Rs 38,30) et de l'huile lourde (de Rs 17,04 à Rs 18,32).

Lors d'un point de presse suivant la 27e réunion du comité de l'APM, le directeur de la State Trading Corporation (STC), Ranjitsingh Soomarooah, a soutenu que la majoration des prix des produits pétroliers découle d'une combinaison de facteurs dont la montée continue des prix sur le marché international et l'appréciation du dollar américain. Ainsi, le prix du Brent est passé d'une moyenne de US $ 50,33 en avril à US $ 57,48 en mai et a poursuivi sa tendance à la hausse en juin avec une moyenne de US $ 68,55. On observe ainsi, selon M. Soomarooah, une progression de 19,26 % entre mai et juin.

Pour ce qui est de l'essence, le prix est passé d'une moyenne de US $ 490,44 la tonne en avril à US $ 586,01 en mai et à US $ 672,65 en juin. L'augmentation au cours des deux derniers mois a été de 14,78 %, a précisé le directeur de la STC. S'agissant du diesel, le prix moyen a oscillé entre US $ 57,59 en avril et US $ 74,59 en juin alors que la hausse par rapport à mai a été de 18,2 %.

L'autre élément considéré dans la fixation des prix est le taux de change du dollar, qui a enregistré une légère appréciation, le cours moyen passant de Rs 34,40 lors du dernier exercice de l'APM à Rs 34,75 pour celui d'hier.

Le directeur de la STC a souligné que sur la base des différents facteurs tenus en compte lors de la fixation des nouveaux prix, celui de l'essence aurait dû logiquement être majoré de 18,68 % mais les règlements de l'APM exigent que l'augmentation mensuelle soit limitée à 7,5 %. De ce fait, le comité a eu à carry forward un taux de 11,23 %. Ce qui, selon les observateurs, n'est pas de bon augure pour le mois prochain car il y a un risque d'une nouvelle progression du prix à la pompe. Cela pourrait aussi être le cas pour le diesel car le comité APM n'a appliqué qu'une augmentation de 7,43 % alors que la hausse normale était de 11,56 %. Le taux carried forward est de 4,13 %.

Ranjitsingh Soomarooah a expliqué au début de sa conférence de presse les différents item entrant dans le prix de base d'un produit pétrolier. Il a indiqué que dans le prix CIF (cost insurance freight), le coût du fret pour les exercices de juin et de juillet est resté inchangé, soit 1,3 % du prix de l'essence. La part de l'assurance est minime, s'élevant à Rs 1 par tonne d'essence. Il faut également ajouter au prix de base, la marge pratiquée par la raffinerie. Le comité APM doit ensuite tenir en compte l'application des taxes, notamment les droits d'accises, la taxe à la valeur ajoutée (TVA) et le prélèvement pour le fonds Maurice île Durable (MID). Le directeur de la STC a annoncé que la TVA sur chaque litre d'essence est de Rs 5,93 alors que pour le diesel, elle est de Rs 4,99. Les droits d'accises sont de Rs 9,80 et Rs 3 par litre d'essence et de diesel respectivement. De plus, le consommateur est appelé à contribuer un montant de Rs 3 par litre sous forme de frais de hedging de la STC, montant incorporé dans le prix de vente à la pompe.

Ranjitsingh Soomarooah a argué, par ailleurs, que la STC se réfère aux prix Platts, une publication qui annonce quotidiennement l'évolution des cours des produits pétroliers. " C'est transparent et tout le monde est au courant de l'évolution du prix FoB ", a-t-il fait ressortir. Le directeur de la STC a, de plus, défendu avec force la façon de procéder du comité APM, soulignant que ce comité est présidé par un professionnel respecté, le directeur du Bureau Central des Statistiques, Harish Bundhoo, qui est épaulé d'autres professionnels, économistes et comptables. C'est après une analyse profonde des données qu'ils approuvent les nouveaux prix, a-t-il laissé entendre.


CARBURANTS Hausse des Prix


L'ICP réclame la démission du directeur de la STC

L'Institute for Consumer Protection (ICP) réclame la démission du directeur de la State Trading Corporation (STC), Ranjitsing Soomarooah. Selon l'institut, " la STC n'est pas en train de gérer les prix des carburants dans la transparence ".

Selon l'ICP, les nouveaux prix des carburants, soit une hausse de Rs 3,15 pour le litre d'essence et Rs 2,65 pour le litre de diesel, ne reflètent pas la tendance sur le marché mondial. Par ailleurs, commentant la déclaration du ministre des Finances, Rama Sithanen à ce sujet au Parlement, " selon laquelle ce sont les consommateurs qui sont en train de payer pour les erreurs de la STC mais qu'il ne défendra pas l'indéfendable ", l'ICP estime qu'une telle déclaration du ministre implique qu'il " est conscient que quelque chose ne tourne pas rond ". Il est inacceptable, selon l'ICP, que " les consommateurs continuent à payer pour les erreurs d'une direction qui est incompétente. Nous ne sommes pas les dindons de la farce ".

S'agissant de la perte sur le hedging, ce par quoi la STC justifie la hausse des prix, l'Institut pour la protection des consommateurs soutient que " l'incompréhension est toujours là. Pourquoi devons-nous payer pour les pertes sur le hedging et jusqu'à quand ? ".

Depuis que le calcul des nouveaux prix s'effectue sur une base mensuelle, poursuit l'ICP, " il y a faille ". L'institut réitère sa demande en faveur d'un Independent Price Regulator, quitte à ce que, soutient l'association, " le gouvernement applique un excise duty pourvu que ce soit fait dans la transparence. Combien a-t-on payé sur le hedging ? Même les membres du Certification Committee ignorent combien on a perdu sur le hedging ". Les Rs 3, par litre, incorporées dans le prix de vente de l'essence et du diesel pour le compte du hedging représentent selon l'ICP, un chiffre " déterminé de manière arbitraire ; il n'y a aucun détail qui a été fourni au Certification Committee pour dire comment on est arrivé à ce chiffre ".

D'autre part, il met en avant : " Ce n'est pas correct que les consommateurs soient toujours en train de payer plus à cause du hedging. Il est révoltant qu'on doive payer Rs 45 pour un litre d'essence. Cela ne reflète pas la tendance mondiale. Le directeur de la STC se permet en plus de dire que lors du prochain exercice l'on devra ajouter encore un carried forward de 11,23% ! ". Et de poursuivre : " L'APM a été institué pour que l'on paye le prix réel mais nous ne sommes pas en train de payer le prix réel. "


CARBURANT Rajesh Buldee (MTUC) :


" La hausse maximale de 7,9 % est inadmissible "

Le président du Mauritius Trade Union Congress (MTUC), Rajesh Buldee, a lors d'une conférence de presse, ce matin, jugé " inadmissible " l'augmentation de 7,9 % des prix de l'essence et du diesel, suite à l'exercice d'Automatic Price Mechanism (APM) de la STC, hier soir. De son côté, le premier vice-président du MTUC, Yusuf Sooklall, a appelé le Premier ministre, Navin Ramgoolam, à " restaurer l'ordre à la STC, comme il l'a fait à la MBC ".

" Ces hausses sont inconcevables et inadmissibles ", s'est insurgé Rajesh Buldee. " Na pa kapav sak moi pran teti tap lor latet konsomater koumsa ", ajoute-t-il. M. Buldee critique également le directeur de la STC, Ranjitsingh Somarooa, qui a laissé entendre qu'il aurait pu augmenter de 10 % les prix des carburants. " Avec cette décision, ce ne sont pas seulement les consommateurs qui sont plumés, mais aussi les petites et moyennes entreprises. Les consommateurs ne peuvent faire les frais du mauvais hedging entrepris par la STC ".

Le président du MTUC exhorte le ministre des Finances, Rama Sithanen, à revoir le mécanisme de l'APM, qui " manque de transparence ". Il soutient qu'en cette période de crise économique, alors que de nombreux salariés ont obtenu une compensation salariale inférieure au taux maximal, et tous ceux touchant plus de Rs 12 000 pas de compensation du tout, il estime que " travayer ki pa pe gayn konpansasion pe soufer. Travayer na pena moyen pou konsome, gouvernman ti bizin withhold sa ogmantasion la. Parey kouma li pe donn sekter prive Additional Stimulus Package, gouvernman ti kapav subvansionn konsomater. " Des pays développés, ajoute-t-il, ont choisi de subventionner certains produits de consommation.

Pour sa part, Yusuf Sooklall soutient que le Premier ministre " ne doit pas attendre pour rétablir l'ordre au sein de la STC. Il est impératif d'y mettre de l'ordre, en changeant le capitaine à bord ". Ce ne sont pas seulement les propriétaires des véhicules qui sont affectés, dit-il, cette décision étant susceptible d'avoir des effets néfastes sur nombre de secteurs économiques. " La façon de procéder du directeur de la STC pour rendre publique l'augmentation des prix du carburant laisse à désirer. Même le ministre des Finances, Rama Sithanen, a dit qu'il a des réserves sur les informations émanant de la STC ", déclare M. Sooklall.


COLLECTIVITÉS LOCALES Conseil du Nord


Pitambar Ramdhoneea élu président

Il aura pour adjoint Jean Akin Félicité, conseiller de Baie-du-Tombeau

C'est le conseiller de Morcellement St-André, Pitambar Ramdhoneea, qui a été élu, à l'unanimité des 33 conseillers présents (trois étaient absents), nouveau président du Conseil des districts du Nord (Pamplemousses/Rivière-du-Rempart). Par contre, Jean-Akin Félicité (Baie-du-Tombeau) a dû passer par le vote secret pour se faire élire vice-président du Conseil. Il a obtenu 18 votes contre 15 à Premchand Ramjug (Crève-Cœur).

Dans un discours improvisé, après son élection, M. Ramdhoneea a déclaré qu'il va poursuivre le travail au Conseil sur la même voie suivie par son prédécesseur, Ravin Sowamber. " Je serai le président de tous les 36 villages ", a-t-il dit. C'est la toute première fois de son histoire qu'un représentant du village de Morcellement St-André se fait élire président du Conseil de Nord.

Pour sa part, M. Félicité a dit espérer que l'unité qui règne au sein de ce Conseil se poursuivra pour le bien-être de la population du Nord. " Nous allons tous travailler pour améliorer la vie des nordistes ", a ajouté le nouveau vice-président. Parmi les trois conseillers absents au Conseil, ce matin, on relève les noms de Sandhya Boygah (Rivière-du-Rempart) et Ranjit Woochit (Triolet).