SOCIAL Le combat contre la pauvreté


Village intégré de Bambous : livraison des premières maisons en février


SECONDAIRE PRIVÉ Au New Devton College


Des enseignants transformés en recruteurs pour la Form I


NESC Sixième sommet annuel ce matin


Beebeejaun : " L'heure d'été appliquée jusqu'en mars "


SOCIAL Le combat contre la pauvreté


Village intégré de Bambous : livraison des premières maisons en février

Selon les responsables du projet, les travaux dans les maisons avancent

La livraison des premières maisons pour la première phase de la construction du village intégré de Bambous, initialement prévue pour ce mois-ci, aura lieu en février 2009. C'est ce qu'indique la State Land Development Company, responsable de la planification du village. Les 76 familles ex-squatters de Camp-Levieux ont par ailleurs pris connaissance de l'avancement des travaux, samedi dernier lors d'une réunion.

Ce projet de village intégré, mené par la National Empowerment Foundation (NEF) et mis en œuvre avec l'étroite collaboration des Ong et du secteur privé, vise à aider ces familles démunies à sortir du cercle vicieux qu'est la pauvreté et à réussir leur intégration dans la vie sociale et économique du pays.

Quelque 198 familles vulnérables vivant dans des conditions d'extrême pauvreté ont été identifiées par le Trust Fund for Social Integration of Vulnerable Groups pour occuper ce premier village intégré à La Valette, à l'arrière du supermarché Winners à Bambous. Selon le time plan proposé par la National Empowerment Foundation (NEF), les premiers occupants - les 76 familles ex-squatters de Camp-Levieux - y seront définitivement en février prochain, vu que les travaux routiers connaissent un retard, ce qui a entraîné des problèmes pour l'installation d'autres infrastructures - eau, canalisations ou éclairage, notamment.

Contacté hier par Le Mauricien, Girish Dabysing, Chief Executive de la State Land Development Company, a déclaré que ce retard est dû " à une succession de plusieurs problèmes d'ordre technique ", causés notamment par les pluies diluviennes de septembre dernier. " L'eau s'était accumulée sur le chantier et il a fallu trouver une technique afin de dégager l'eau ", précise notre interlocuteur. Il devait également faire ressortir que les travaux dans les maisons avancent de manière positive : les dalles ont déjà été coulées pour les 76 maisons, les travaux de fouille pour l'installation de fosses septiques ont déjà été exécutés pour 25 d'entre elles alors que l'installation des fils électriques est déjà faite. " Nous sommes arrivés à la phase de crépissage des murs, de la peinture et de l'installation des vitres ", affirme M. Dabysing. Par ailleurs, les travaux de terrassement du pont routier menant au village sont à 80% achevés alors que l'installation du ponceau (Box Culvert) est terminée.

" Dès que nous avions été notifiés par la State Land Development Company du retard des travaux, le comité s'est tout de suite réuni et nous avons décidé que le village n'était pas en mesure d'accueillir ces familles alors que tout est encore en chantier. D'où la décision de reporter le relogement de ces familles en février 2009 ", explique Juliette François, responsable du Integrated Social Development Programme (ISDP) de la NEF.

Quant aux 122 familles constituant le deuxième groupe de bénéficiaires, provenant des régions de Port-Louis telles que Plaine-Verte, Montagne-Longue, Pamplemousses, Beau-Bassin, Roche-Bois ou Bois-Marchand, elles seront relogées au cours du mois de juin de l'année prochaine, indique la National Empowerment Foundation.



Village intégré : écologie et empowerment

Chacune des 200 unités de logement, construites sur 20 arpents avec un design écologique, d'une superficie de 50 mètres carrés, sera dotée d'un chauffe-eau solaire, d'un tank en fibre de verre pour le rain water harvesting et d'un système pour générer du biogaz pour la cuisson.

Les premiers coups de pioche ont débuté en juin dernier. Un bail sera attribué à chaque famille pour chaque parcelle de terre qui sera ensuite utilisée comme garantie pour financer la construction du logement sur le terrain alloué. Quand le prêt aura été remboursé (avec un taux d'intérêt préférentiel), le titre de propriété sera transféré à la famille. Dans ce village, l'accent sera mis sur l'autosuffisance et l'entrepreneuriat afin que ces familles réussissent leur intégration dans la vie sociale et économique. Outre les maisons, le village accueillera un SME Park avec des Small and Medium Enterprise Units - unités d'élevage et de production agroalimentaire, salon de coiffure, cordonnerie, craft market, boutique coopérative, entre autres - gérées par les occupants du village eux-mêmes. La NEF souhaite d'emblée prendre avantage des mois supplémentaires, avant le relogement des premiers 76 bénéficiaires, pour renfoncer le programme de réhabilitation sociale et d'accompagnement mis en place avec l'aide des ONG et des différentes parties prenantes au projet. La NEF espère de ce fait renforcer davantage la préparation des familles pour la réussite de leur intégration dans la vie sociale et de la vie en communauté et que les parents soient encore plus habilités à assumer leur autorité parentale de même que leurs responsabilités civiques et économiques. C'est dans cette optique qu'un Life Skills Training & Mentoring Programme a été mis en place en faveur des résidents mais destiné, aussi, aux Ong afin qu'elles structurent leur capacité d'accompagnement et de soutien aux familles bénéficiaires. Les thèmes seront : Civic Responsibility, Family Planning, Basic Plant Cultivation et Dealing with Conflicts. Formations auxquelles les 76 familles bénéficiaires ont eu l'occasion d'assister durant les mois d'octobre et de novembre 2008.



La formation : élément fondamental

Dans le cadre du programme de placement et de formation pour chômeurs, dix bénéficiaires ont entamé des stages dans les entreprises de Business Process Outsourcing (BPO), de construction et au sein de plusieurs autres petites entreprises. Quinze autres bénéficiaires sont en attente de placement dans les secteurs de la production alimentaire, des soins de beauté et de l'agriculture.

La National Empowerment Foundation est également en négociation avec le ministère de l'Éducation afin d'assurer que les enfants soient admis dans les écoles de l'Ouest aussitôt les familles relogées. Des cours d'alphabétisation pour les adultes débuteront ce mois-ci afin d'augmenter les chances des bénéficiaires de décrocher un emploi.


SECONDAIRE PRIVÉ Au New Devton College


Des enseignants transformés en recruteurs pour la Form I

Une quarantaine d'enseignants du collège New Devton, sur instruction ferme de la direction, sont en ce moment sur les routes dans plusieurs régions, faisant du canvassing auprès des parents, leur proposant une place en Form I dans cet établissement, offre assortie de quelques avantages matériels. Les enseignants enrôlés dans ce démarchage dénoncent ce procédé.

Depuis quelques années déjà le management du New Devton College (situé à Beau-Bassin), pendant les vacances de décembre, sollicite avec insistance l'apport de ses enseignants pour le recrutement d'élèves en Form I. Mais cette année, selon plusieurs témoignages, le canvassing d'élèves se fait d'une manière plus organisée.

D'abord, une quarantaine de profs ont été convoqués à l'école durant la première semaine de novembre pour une réunion de préparation sous la supervision de Navinchandra Poonith, manager de l'école. A partir d'une liste de tous les élèves de CPE 2008 de toutes les écoles primaires situées à Beau-Bassin/Rose-Hill - avec leurs noms et adresses - obtenue par la direction du collège, les enseignants ont été priés de planifier le canvassing auprès des parents selon un zoning system. Les enseignants sont ainsi répartis par groupe dans chacune des régions identifiées. Et depuis quelques jours, les enseignants engagés dans ce canvassing, avec en main des brochures vantant les mérites de cet établissement, sont très visibles dans les différents quartiers de Beau-Bassin et de Rose-Hill, mais aussi à Bambous, Grande-Rivière-Nord-Ouest, Petite-Rivière ; Palma ; Belle-Rose et Quatre-Bornes. Ils ne doivent pas se contenter de distribuer les brochures aux passants dans les rues mais ont été priés par la direction du collège de faire du porte à porte pour toucher les parents des candidats aux récents examens du CPE. " On demande à chaque enseignant de ramener au moins trois recrues potentielles ", indique un enseignant démarcheur. Que disent-ils aux parents ? " Nous leur présentons le collège en leur disant qu'il y a une place déjà réservée pour leur enfant et qu'ils bénéficieront gratuitement de certains avantages promis par l'école. On nous a demandé de dire aux parents que le collège offrira l'uniforme, un tracksuit, du matériel scolaire. On leur dit aussi que l'école mettra à leur disposition un moyen de transport à partir de chez eux jusqu'aux portes de l'école et back home. "

Crainte de

représailles

Plusieurs enseignants affirment qu'ils ne s'adonnent pas à ce canvassing de gaieté de cœur et qu'ils s'en sentent humiliés. Mais par crainte de représailles de la direction, ils préfèrent ne pas refuser. " Tout au long de l'année on se sent harcelé par le manager qui utilise un langage abusif envers le personnel. Il dit à haute voix qu'il bénéficie de la protection de politiciens de tous bords en citant des noms. Vous comprenez pourquoi nous ne pouvons pas réagir contre ses ordres ", déclarent plusieurs enseignants. Les autorités de l'Education, notamment la PSSA, selon nos informations, seraient en présence régulièrement de plusieurs doléances venant du personnel de l'établissement et dénonçant l'attitude du manager. " A chaque fois il nie quand on le met devant ces faits et il est difficile à la PSSA de prendre une quelconque action faute des preuves tangibles par rapport à son attitude ", commentent quelques cadres de cet organisme.

Interrogé hier après-midi par Le Mauricien sur l'obligation qui aurait été faite ces jours-ci à quelques enseignants de New Devton Collège pour le canvassing pour le recrutement en Form I pour 2009 à sa demande, Navinchandra Ponnith, le manager, d'emblée repousse les termes "canvassing" et "obligation". " On ne fait pas du canvassing. J'ai demandé tout simplement à quelques enseignants d'aller distribuer quelques pamphlets sur l'école. Pena narien de mal ladan. Dan eleksyon distribye panfle, kifer mo pa kapav fer parey pou mo lekol ? Mo pa pe frode. Jamais je n'ai obligé qui que ce soit à participer à cette distribution et il n'y a aucune pression sur les enseignants. Bann seki pa anvi fer li kapav pa fer li ", répond M. Poonith. Celui-ci soutient qu'il existe des " relations cordiales " entre lui et le personnel et rejette toutes les allégations selon lesquelles il utiliserait un langage abusif et aurait une " attitude irrespectueuse " envers certains enseignants. " Se bann dimounn ki zalou moi ek zalou mo lekol ki fer ban kritik parey. Tou korek dan mo lekol. Bann politisyen de tou bor konn mo lekol byen ek zot abitye vinn fer renyon dan mo lekol ", réplique le manager, égrenant les noms de ces leaders politiques.

La direction de la PSSA a indiqué au Mauricien, ce matin, qu'il n'existe pas explicitement dans la loi une provision interdisant la pratique de canvassing d'élèves. Cependant, la PSSA, précise son directeur, Maheswarnuth Luchoomun, envoie régulièrement des circulaires aux managers des collèges, pour leur rappeler que c'est une " pratique unethical et unprofessional " d'avoir recours à ce genre de procédé. " C'est contraire aussi à l'esprit de l'éducation ", ajoute M. Luchoomun. La PSSA, dit-il, ne pourrait agir contre les managers qui obligeraient les enseignants à s'engager dans le démarchage que s'il y a doléances soutenues par des preuves par les enseignants concernés.



Littérature anglaise : un texte étudié par erreur

Les candidats de New Devton College ayant pris part en littérature anglaise aux récents examens de SC avaient étudié par erreur un texte d'études qui ne figurait pas au syllabus de 2008 et ont fait cette découverte inattendue au moment de se trouver devant le questionnaire le 4 novembre dernier.

" Cela a été un grand choc pour nous. Le manager et les autres responsables de cette matière nous ont affirmé, lors d'une rencontre au collège, qu'ils avaient déjà écrit au MES et à Cambridge pour que nous ne soyons pas pénalisés. Zot finn dir nou pa pran traka et c'est pour cette raison que nous n'avons rien dit en public. Nous les avons crus ", déclare un candidat.

Mais un mois après la tenue de ces examens, alors que les examinateurs de Cambridge sont déjà engagés dans la correction des scripts, le MES n'a reçu aucune communication de cet établissement au sujet de ce problème. " Il y a deux collèges seulement qui nous avaient informés immédiatement après l'examen de littérature anglaise d'une erreur de leur part au sujet des textes d'études mais nous n'avons pas été informés du cas du New Devton ", a confirmé au Mauricien, ce matin, le MES.

Interrogé sur cet incident qui pourrait avoir des conséquences non négligeables sur les résultats de ses candidats, M. Poonith, manager de New Devton, nie avoir été mis au courant d'un tel problème par les élèves concernés. " Mo pa konn narien ladan e personn pa finn dir moi narien. Pran ransignman plito avek mo prinsipal. Mo pa finn rankont okenn zelev ", a répondu au Mauricien, hier après-midi, M. Poonith.

Pour sa part Chandreeka Ahku, le principal, a semblé très embarrassé par cette affaire et n'a pas pu répondre à nos questions. Il avouera finalement que le collège n'a pas encore informé le MES de ce problème. " Le Head of Department est supposé d'écrire une lettre mais il est souffrant depuis quelques jours et ce n'est que la semaine prochaine qu'il sera à l'école ", explique-t-il. Quand est-ce que le collège informera les autorités concernées officiellement de cette erreur ? " Nous enverrons la lettre mardi prochain ", répond-il.


NESC Sixième sommet annuel ce matin


Beebeejaun : " L'heure d'été appliquée jusqu'en mars "

L'heure d'été sera appliquée jusqu'à la fin de la période prévue, c'est-à-dire en mars, a déclaré ce matin le Premier ministre adjoint, Rashid Beebeejaun, qui s'adressait au sixième sommet annuel du National Economic and Social Council, au Domaine les Pailles. À la demande du président du NESC, Mohamad Vayid, une minute de silence a été observée par l'assistance en mémoire de l'ex-directeur de la SBM, Chaitlall Gunness, et de toutes les victimes des attentats du 26/11 à Mumbai.

Rashid Beebeejaun a observé que lorsqu'il a pris en charge le ministère des Services publics et de Maurice île Durable, il a subi une forte pression de la part de ceux qui étaient contre l'introduction de l'heure d'été. " J'ai eu droit à toutes sortes de propositions : on m'a demandé d'annuler l'expérience, de la limiter à décembre, de ne l'appliquer que pour les mois de novembre, décembre et janvier. La proposition la plus cocasse que j'ai reçue est d'appliquer l'heure d'été seulement les après-midis ", a lancé M. Beebeejaun. Il a affirmé que la décision finale a été prise lorsque le président du CEB, qu'il avait consulté, lui a affirmé qu'on ne pouvait rater l'occasion de faire une tentative sur une base expérimentale. Selon lui, il est encore trop tôt pour faire une évaluation d'autant que les ampoules économiques ont été introduites simultanément. L'heure d'été ira donc jusqu'à mars comme prévu et un bilan sera effectué à ce moment. Si l'expérience est concluante, elle sera renouvelée, a-t-il dit.

Le Premier ministre adjoint a passé en revue les différentes attributions et réalisations du NESC. Il a observé que les conseils donnés par cette institution aux ministères qui en font la demande sont satisfaisants. Les commentaires et les conseils sur le transport public et les travailleurs étrangers ont retenu son attention. Il a rappelé que sa première PNQ en tant que ministre lui avait été adressée par sir Gaëtan Duval, qui s'intéressait aux travailleurs étrangers. Normalement, la question est adressée aux ministres concernés à 9 h le mardi mais SGD lui avait adressé sa PNQ vendredi afin de lui donner le temps nécessaire pour préparer cette première question, s'est-il souvenu.

Mohamed Vayid s'est montré très critique concernant la pratique de la corporate social responsibility par de nombreuses entreprises, celle-ci, selon lui, restant généralement superficielle. Il a observé que les institutions bancaires ont annoncé des profits de Rs 8 milliards. Pour M. Beebeejaun, si 1 % était perçu sur les profits réalisés par les entreprises mauriciennes, le gouvernement aurait obtenu un minimum de Rs 100 M qui aurait servi à financer des projets sociaux. Il a aussi à un certain moment parlé contre la taxe sur l'épargne bancaire et a annoncé que le rapport réalisé dans le cadre du mécanisme d'évaluation par les pairs sera soumis très bientôt.