INCIDENTS À cause d'un faux billet de Rs 500


Intervention policière musclée

à Ste-Croix hier soir


DROGUE Affaire du consultant américain Mertz


Un quatrième suspect arrêté par l'ADSU hier


INCIDENTS À cause d'un faux billet de Rs 500


Intervention policière musclée

à Ste-Croix hier soir

Des pneus ont été brûlés en face de la boutique Good Heart, à Ste-Croix, d'où provient, selon les manifestants, le faux billet de Rs 500. En médaillon, l'effectif de la Special Support Unit paré à toute éventualité. Ce n'est que vers 21 h 45 que les esprits se sont calmés

Quelque 200 résidents de Ste-Croix ont vivement exprimé leur mécontentement, hier soir, aux abords de la foire de la localité, dans un climat de vives tensions et d'hostilité aux forces de l'ordre.

Il a fallu presque deux heures aux membres des forces de l'ordre pour venir à bout des incidents causés par une foule qui n'a cessé de croître pour atteindre quelque 200 personnes, massées aux abords de la foire de Ste-Croix, en face de la boutique Good Heart, à la route Nicolay - d'où provient selon les habitants le faux billet de Rs 500 qui a mené à l'arrestation d'un résident des environs. Après l'échec d'une première tentative, à 20h30, d'éteindre des pneus en feu allumés au beau milieu de la route, pompiers et membres des forces de l'ordre ont dû faire demi-tour sous une pluie de projectiles lancés par une partie de la masse visiblement en colère. C'est à sa deuxième tentative, beaucoup plus musclée, menée à 21h05, que l'équipe de la SSU a pu forcer les personnes à faire demi-tour, les repoussant vers l'intérieur de la Cité-Briquetterie à coups de gaz fumigène.

Outre les pneus en feu en face de la boutique, la route était également jonchée de pierres et de morceaux de verres brisés. Les habitants des alentours de Cité-Briquetterie ont décidé de montrer leur colère par rapport à l'arrestation de l'un des résidents de la localité (voir hors texte) et maintiennent avec fermeté : " Nou pa pou sorti la parski li pa posib ki zot vinn aret inosan dan landroi alor ki seki koupab pe kontigne roule trankil ". Les esprits étaient visiblement échauffés. Toutefois, force fut de constater que des personnes présentes, seulement une cinquantaine semblaient vraiment être venues pour semer la pagaille, comme l'indique un des observateurs sur place : " Ena zis enn ti group kinn vinn la vremem pou fer dezord. Le res zot bann figiran zot. "

Après plusieurs va et vient de policiers entre le poste de police et la foule, dans une tentative de négociations, décision est prise de tenter au moins d'éteindre le feu. Vers 20 h 30, le camion de pompiers quitte les abords du poste de police d'Abercrombie, entouré de policiers et de pompiers pour éteindre le feu qui se trouve quelques dizaines de mètres plus loin. Mais c'était sous-estimer la colère de la foule. En effet, alors que le camion approche du feu, des projectiles, notamment des gros cailloux, des morceaux de briques et bouteilles commencent à pleuvoir sur les véhicules et sur les policiers, les forçant à rebrousser chemin au plus vite.

Suite à de nouvelles discussions devant le poste de police, il est décidé que les grands moyens vont être déployés. A 21 h 05, les membres de l'équipe de la SSU se mobilisent et arrivent, coude à coude, armés de matraques, protégés de casques et de boucliers. La réaction des manifestants ne se fait pas attendre et encore une fois c'est à coup de pierres qu'ils tentent encore une fois de repousser les policiers mais ces derniers, préparés à cette éventualité, leur foncent dessus et c'est finalement sous les effets des gaz que la foule s'est dispersée.

Toutefois, alors que les policiers pensent avoir coupé court à la manifestation, un petit groupe se reforme et les projectiles recommencent à pleuvoir. Une dernière intervention est nécessaire pour mettre un terme à la situation. Par ailleurs, un petit groupe de résidents s'est proposé pour aller parler aux protestataires et tenter de les calmer.

Concernant l'utilisation de gaz, un flou persiste. Certaines personnes maintiennent que c'est du gaz lacrymogène qui a été lancé sur la foule protestataire tandis que d'autres sources affirment que c'est du gaz fumigène - donc sans aucun effet nocif - qui a été utilisé pour effrayer les gens et les pousser à regagner leurs maisons. Quoi qu'il en soit, la SSU a eu fort à faire pour désamorcer une situation qui aurait pu, selon certains badauds, mal se terminer : " Si ti laisse sa kontinye ti pou ena bel problem dan landroi surtou akoz bann activis politik inn rent la dan. "

Jeudi soir, des résidents avaient saccagé la devanture de la boutique qui porte d'ailleurs encore les traces de fumée. Là encore, la SSU avait dû être appelée pour ramener l'ordre.



La raison des incidents

Jeudi dernier, Serge Boudeuse, un habitant de Cité-Briquetterie, s'est rendu à la boutique Good Heart avec un billet de Rs 1 000 pour faire des achats. Après quoi, la boutiquière lui aurait rendu environ Rs 800 sous forme d'un billet de Rs 500, un de Rs 200 et un de Rs 100. Peu après, il se serait rendu au Champ-de-Mars où un bookmaker lui aurait dit que son billet de Rs 500 était un faux. Selon une personne proche de Serge Boudeuse, ce dernier aurait alerté les policiers mais aurait été par la suite, lui-même, arrêté pour possession de faux billets : " Pourtan linn dir zot ki linn gagn sa biye-la dan la boutik Good Heart, Ste-Croix, me san donn letan lapolis inn pran li inn amenn li stasyon Pope-Hennessy. " Toutefois, il a été relâché sur parole le même jour mais a été traduit en cour hier et a dû fournir une caution de Rs 4 000 pour sa remise en liberté.

Une situation que ses proches considèrent injuste : " Li pa posib ki zot pe fer dimounn inosan pey gro gro kosyon alor kinn fini dir zot kot biye-la sorti. Zot ti bizin vinn dan laboutik-la vinn kestyonn boutikyer-la. Ziska zordi zot pankor vinn-la. " A partir de là, la rumeur s'est répandue dans les alentours, jusqu'aux événements d'hier soir.


DROGUE Affaire du consultant américain Mertz


Un quatrième suspect arrêté par l'ADSU hier

Scott Bradley Mertz

Rebondissement dans l'affaire d'importation d'héroïne d'une valeur de Rs 13 millions, dans laquelle le consultant militaire américain Scott Bradley Mertz et un sergent de police, Sanjay Kughputh, avaient été arrêtés le 30 mars dernier. En effet, lors d'une opération rondement menée par une escouade de l'ADSU hier à Cassis, un autre suspect, Hervé Daniel Assame, un Computer Technician de 46 ans, a été appréhendé. Son téléphone cellulaire avait été retrouvé dans la voiture accidentée du sergent Kughputh à Bain-des-Dames le 30 mars. Il est la quatrième personne arrêtée dans le cadre de cette affaire.

C'est à partir de renseignements précis que les éléments de l'Anti-Drug and Smuggling Unit ont pu remonter jusqu'à Hervé Daniel Assame. Selon les recoupements effectués par Le Mauricien, il ressort que la découverte de quatre téléphones cellulaires dans la voiture du sergent Kughputh le 30 mars dernier aura été déterminante dans cette optique. Il a été établi par les enquêteurs de l'ADSU que l'un des cinq téléphones retrouvés appartenait à Hervé Daniel Assame. Du reste, lors d'une perquisition en son domicile de Cassis, hier, les limiers de l'ADSU ont mis la main sur le Starter Pack de la Sim Card retrouvée dans le portable de Hervé Daniel Assame.

Outre cette découverte capitale pour l'enquête policière, les limiers de l'ADSU ont également découvert des graines de gandia au domicile du suspect, qui devait être écroué. Les enquêteurs sont persuadés que Assame se trouvait à bord du véhicule du constable Kughputh. Un cinquième suspect, Ashraf Mohamed Ali, est activement recherché par la police. Assame et Ali étaient parvenus à fausser compagnie à la police lors de l'opération du 30 mars dernier. Dans les milieux de l'enquête policière, suite à l'arrestation de Hervé Daniel Assame hier, l'on faisait comprendre au Mauricien que " l'étau se resserre " autour de Ashraf Mohamed Ali.

Le consultant américain Mertz était arrivé à Maurice quelques jours avant son arrestation, en provenance de Nairobi. Il avait été chargé, par des contacts kenyans, de livrer une cargaison de 1,3 kilos d'héroïne à Maurice, le tout d'une valeur de Rs 13 millions. A son arrivée à Maurice, Mertz devait être traité avec tous les égards dûs à son rang de consultant militaire. Le lendemain de son arrivée, il devait recevoir des instructions pour se rendre à Flic-en-Flac afin de livrer son précieux colis mais cette démarche avait avorté, compte tenu la forte présence policière dans l'ouest, relativement à une affaire de viol de mineure.

Mais un nouveau rendez-vous est prévu, cette fois, pour le 30 mars à Bain-des-Dames. C'est à cet endroit que l'ADSU avait choisi de frapper. Dans le sillage de cette opération, Scott Bradley Mertz et Sawoo-Balgobin Ajay Kumar sont les premiers arrêtés. Une Toyota Blanche, qui avait deux personnes à son bord, devait entrer en collision avec un mur lors de la débandade provoquée par la présence de la police sur les lieux de la livraison de la drogue. La Toyota, immatriculée 1092 ZE 92, appartient à un sergent de police, Sanjay Kughputh. Ce dernier devait, durant la même soirée, se constituer prisonnier.

Hervé Daniel Assame devrait comparaître en cour lundi. Les recherches policières en vue de mettre un terme à la cavale de Ashraf Mohamed Ali se poursuivent. Ce dernier - un présumé caïd de la drogue dans la capitale - est très connu de l'ADSU, ayant déjà eu des démêlés avec la police pour des délits liés au trafic de drogue.