Tout part en sucette !

Parfin margoz, dirait-on. Tant tout ce qui se passe depuis quelques jours laisse un goût amer prononcé, dans la tête comme dans la bouche. En cette année électorale, les appréhensions sont certainement très vives. D’autant plus avec l’infiltration de la corruption et de mafias en tous genres dans quasiment toutes les sphères de la gestion de notre pays. Mais la réalité dépasse ces craintes, semble-t-il.

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D’abord celles de l’adhésion du PMSD à la majorité gouvernementale. Depuis son divorce brutal avec la plateforme de l’opposition, les rumeurs alimentent régulièrement ce rapprochement des plus… alien ! Contre nature, et surtout, à l’encontre totalement des principes et convictions pour lesquelles Xavier-Luc Duval, comme leader de l’opposition, s’était attiré un immense capital de respect et d’admiration. Avec la nomination de Duval Jr comme Speaker de l’Assemblée nationale, jusqu’à quand Xavier-Luc Duval jouira-t-il de cette crédibilité dans le coeur et la tête des rares Mauriciens qui croient toujours en son parti ?

Fort d’un travail efficace, Xavier-Luc Duval a gagné l’adhésion d’une large frange de la population, toutes communautés confondues. Et ça faisait longtemps qu’un leader politique n’avait pu brasser aussi large. Ces citoyens sont, depuis le caprice subi des Bleus, largués, blessés et en colère. Car espérant, against all odds, que Xavier-Luc Duval n’ira pas au bout d’un deal aussi “cheap” que de rejoindre cette majorité gouvernementale contre laquelle son parti et lui se sont évertués à dénoncer farouchement les manquements. Mais ne dit-on pas qu’en politique, tout se justifie ?
Une fois encore, donc, l’échiquier politique se retrouve avec une configuration “papa-piti”. Que les héritiers des personnalités politiques s’érigent en véritable “role models”, qu’ils inspirent les Mauriciens, dont les jeunes, qu’ils fassent la différence positivement, c’est dans l’ordre des choses. Mais quand ces héritiers trahissent valeurs, convictions et idéologies (s’il en reste d’ailleurs), que faire de la médiocrité et de la crasse qui restent ? L’histoire retiendra tristement ceux qui, pour des rêves de pouvoirs, vendent dignité et amour-propre.

Ces mêmes pages mentionneront Sooroojdev Phokeer comme ayant été le pire Speaker de tous les temps ! Ce feuilleton n’est cependant pas encore tout à fait terminé. Car avec les possibilités, évoquées dans certains médias, que l’ancien LoudSpeaker n’ait pas rédigé sa lettre de démission, et qu’il n’en était pas au courant, font place à des interrogations et des doutes bien graves.

C’était un bien triste spectacle que celui de jeudi avec la prestation de serment d’Adrien Duval comme nouveau Speaker de l’Assemblée nationale. Rama Valayden, ancien Attorney General, qui manifestait avec les membres de Linion Moris au même moment, a raison de préciser que le peuple souhaite des représentants, et donc, par incidence, d’un Speaker de l’Assemblée nationale qui soit une personnalité solide et n’ayant pas de casier judiciaire. Adrien Duval ne correspond pas à cette définition. Aura-t-il le temps de faire mentir cela et de donner le change ?

Et pendant ce temps, quantité d’autres produits sont enlevés de la corbeille de la ménagère. Le porte-monnaie étant soumis à une autre salve d’augmentations. Sans compter la disparition énigmatique des oeufs des rayons des supermarchés ! Jusqu’ici, les explications ne sont pas totalement convaincantes pour expliquer cette pénurie. Il se pourrait bien, en effet, qu’avec la cherté de la vie, la demande en oeufs ait brutalement augmenté, les familles et foyers optant pour cette source d’alimentation saine pour compenser d’autres éléments peu abordables dans un régime équilibré. Surtout pour les enfants et les vieilles personnes.

À l’étranger, les débordements sanglants au Bangladesh donnent à réfléchir. Voilà un pays où des lois en vigueur se révèlent, au final, très discriminatoires, surtout envers des jeunes qui ont du potentiel et qui font des efforts, des familles qui se sacrifient et économisent pour les soutenir, mais qui n’arrivent, malgré tout, pas à décrocher les emplois qu’ils méritent. Pendant que d’autres candidats moins qualifiés passent au-dessus de leur tête… Un scénario qui n’est pas étranger à ce qui se passe aussi chez nous. Et qui pousse et contraint de nombreux compatriotes, jeunes et adultes, à aller tenter leurs chances ailleurs.

Ailleurs, justement, Benyamin Netanyahou pousse le bouchon encore plus loin, interdisant l’érection d’un hôpital de fortune… pour les enfants. Jusqu’à quand perdurera ce régime d’horreur et en infraction avec les droits humains ?

Husna Ramjanally

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