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L’ex-Company Secretary de la MIC sert une mise en demeure à Louis Rivalland soulignant que le montant incriminé avait été entériné unanimement lors du Board Meeting du 5 février 2024
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L’enquête de la Financial Crimes Commission sur le volet Savat Dodo – Saison II et portant sur l’Apavou Deal pour le rachat des actions majoritaires au sein de l’hôtel Ambre s’empêtre dans la polémique.
Et avec à la clé une mise en demeure servie par l’ancienne Company Secretary de la Mauritius Investment Corporation, Diya Sewraz, ayant retenu les services de Me Sivakumaren Mardemootoo de Dentons Mauritius Ltd, à l’ancien Independent Director, Louis Rivalland. Elle conteste de la manière la plus véhémente les allégations de ce dernier, lors de son interrogatoire Under Warning à la Financial Crimes Commission à l’effet que les Minutes of Proceedings du Board sur le deal à 48 millions d’euros auraient été falsifiés. Elle réclame que Louis Rivalland se rétracte à ce sujet car depuis la réunion du Board du 5 février 2024, le chiffre de 48 millions d’euros avait été mentionné officiellement. Cette réunion du Board était présidée par Kona Yerokunondu, First Deputy Governor de la Banque de Maurice en l’absence du titulaire Mark Florman.
Dans un affidavit juré et adressé à tous les Stakeholders, impliqués dans cette affaire, visant à faire la lumière sur des allégations de blanchiment de fonds de l’ordre de Rs 300 millions à Rs 400 millions, l’ancienne Company Secretary de la MIC dresse la chronologie de cette affaire, dont la genèse remonte au 6 décembre 2022.
À cette date précise, l’offre initiale s’établissait comme suit : 70% Stake au sein de la société EastCoast d’Apavou Hotels Ltd (AHL) pour un montant de Rs 2,1 milliards et les 30% restants alloués à Sun Limited, avec le prix déterminé sur la base d’une évaluation d’Elevante Property Services Ltd de l’ordre de Rs 3 milliards.
À cette période l’Investment Committee était composé de Palesh Ubheeram, Jayraj Sonoo et Christophe du Mée. Cette instance avait agréé à cette offre et avait soumis le dossier avec des conditions au Board. À la réunion du Board du 22 décembre 2022, le Chairman, Mark Florman devait proposer, aux dires de la Company Secretary, que “all board members take a second look” et devait reporter toute décision ultérieurement.
Avec la réunion du Board du 6 janvier 2023, les choses devaient en rester là.
Néanmoins, le dossier de la vente des actions devait être relancé par le truchement d’une correspondance émanant d’Armand Apavou en date du 9 janvier 2024 quant à la vente de 70% des actions de EastCoast pour une considération de 48 millions d’euros. Le Board Paper, portant la référence No 63/5 de 2024, fait état de la possibilité de « consider an acquisition of 1 596 Class B Shares of Eastcoast Hotel Investment Limited representing 70% of shareholding. »
L’ancienne Company Secretary de la Mauritius Investment Corporation Limited s’appuie sur la réunion du Board du 7 février 2024 où l’offre a été débattue et « approved unanimously » par tous les directeurs présents, y compris le dénommé Louis Rivalland. Toutefois, le Chairman de la MIC était absent avec la réunion présidée par le First Deputy Governor de la Banque de Maurice.
Les Minutes of Proceedings de ces délibérations furent approuvés lors de la réunion du Board du 28 février 2024 avec la participation du Chairman. De ce fait, elle maintient que les « only authoritative minutes for the Board Meetings of the 5th February 2024 and 28th February 2024 are those that bear the signature of Mr Florman; all other versions in circulation that purport to be different have necessarily been fabricated. »
« The transaction with Mr Apavou was completed on 7 June 2024 », souligne-t-elle dans la mise en demeure en ajoutant que le même Louis Rivalland était encore directeur de la Mauritius Investment Corporation Limited quand l’Audited Financial Statements 2023/24, incluant l’Apavou Deal, avait été approuvé par le Board en octobre 2024.
Quelque trois mois plus tard, le Board de la Mauritius Investment Corporation, soit le 12 septembre 2024 devait prendre la décision de se défaire de 21% de son actionnariat au profit du groupe Sun pour un montant de 14,4 millions d’euros, soit « the exact pro-rated purchase consideration price in relation to the price of EUR 48 million. »
Toujours ciblant les dénonciations de Louis Rivalland à la Financial Crimes Commission, Diya Sewraz trouve qu’à aucun moment, le premier nommé n’a levé le petit doigt pour protester. « It is preposterous for Mr Rivalland to suggest that he was aware that the price for the 70% in EastCoast shareholding was EUR 48 million », affirme-t-elle en indiquant que le montant de 48 millions d’euros a été cité formellement à plusieurs reprises lors des délibérations du Board.
De ce fait, la Company Secretary maintient que « you (Louis Rivalland) have expressly, personally and unequivocably approved these transactions and approved the minutes of meetings when those transactions and minutes had been discussed and approved. »
Du pain sur la planche du côté des limiers de la Financial Crimes Commission pour démêler l’écheveau de l’Apavou Deal à 48 millions d’euros, soit Rs 2,4 milliards.