Contre toute attente, le Summing-UP et l’adoption des Estimates 2025/26 par l’ARR reportés à mercredi prochain
Minuit. Une nuit électrique à l’Assemblée régionale de Rodrigues. Une onde de choc parcourt Rodrigues. Le budget 2025–26, tant attendu, vacille sur un fil. La scène politique bascule dans l’inédit : le chef commissaire, Franceau Grandcourt, ajourne en toute urgence les débat budgétaires à mercredi prochain, laissant la région entière suspendue à son souffle.
Deux jours. Deux jours d’affrontements verbaux, de chiffres qui claquent et d’accusations cinglantes. L’opposition et la majorité à l’Assemblée Régionale de Rodrigues ont dépeint un budget où les priorités des Rodriguais semblent avoir été étouffées dans les couloirs de Port-Louis. Un mot revient sur toutes les lèvres : « injustice ».
Et puis, le choc final : Johnson Roussety, chef commissaire adjoint, monte à la tribune. Son discours est un électrochoc. Il accuse une autonomie vidée de son essence. Il appelle cela une autonomie Panadol, une illusion qui apaise sans guérir, un miroir brisé qui reflète des promesses jamais tenues.
Minuit. La tension est à son comble. Au lieu de son Summing-Up prévu pour aujourdhui, Franceau Grandcourt interrompt tout : « Je reporte à mercredi prochain! » Une décision grave, mais lucide. Il veut du temps. Pour réfléchir. Pour consulter. Pour riposter.
« Ce budget ne reflète pas Rodrigues. Il n’écoute pas nos douleurs. Il ignore nos besoins », s’insurge Franceau Grandcourt, la voix tremblante mais ferme.
Il évoque le drame humain de 1 000 laboureurs, qui ont passé des entretiens, mais que la bureaucratie mauricienne laisse sur le carreau. Pas un sou budgétisé pour eux. Pas de poste. Pas d’avenir.
Et le constat est amer : « À chaque exercice budgétaire, nous allons à Maurice. Mais tout semble être joué d’avance. Où est le vrai dialogue ? Où est le respect de notre autonomie ? » se demande-t-il.
Selon lui, les hauts fonctionnaires mauriciens ont trompé le Premier ministre et le ministre des Finances, Navin Ramgoolam. Ils ne comprennent pas Rodrigues. Ou pire : ils ne veulent pas comprendre.
Johnson Roussety enfonce le clou : la baisse drastique des allocations. Une chute libre qui va, selon lui, appauvrir encore plus une population déjà fragilisée. Il tire la sonnette d’alarme : « nous n’avons même pas le droit de chercher des bailleurs de fonds sans l’aval de Maurice ! »
Il égrène les institutions pilotées depuis l’Hôtel du Gouvernement — la police, la MRA, la MBC, la NTA… « Toutes les grandes structures sont aux mains de Port-Louis. Rodrigues regarde, impuissante », affirme-t-il.
Et l’opposition lance l’appel : « Rejetez ce budget ! Défendons notre autonomie avec courage et détermination ! »
Pour Franceau Grandcourt, ce n’est pas une guerre contre le Premier ministre ou le ministre des Finances. C’est un cri contre une machine administrative déconnectée. Une élite fonctionnaire qui impose, au lieu d’écouter.
Mercredi prochain. Une date à surveiller. Le sort du budget — et peut-être celui de l’autonomie rodriguaise — se jouera dans un Summing-Up décisif. Rodrigues retient son souffle.