Avec les consultations budgétaires qui démarrent incessamment, que pouvons-nous attendre du prochain Grand oral du ministre des Finances ? Si la population, qui a voté pour un changement aux dernières législatives, attend beaucoup en termes de l’amélioration de la qualité de vie, qu’en sera-t-il compte tenu du contexte économique ?
Claude Canabady, secrétaire général de la Consumers’ Eye Association (CEA), espère que le Premier ministre et ministre des Finances « sera très généreux pour alléger le fardeau des consommateurs » même s’il se montre sceptique quant à la réalisation de toutes les attentes « vu la situation financière périlleuse dont nous a fait part le Premier ministre ». Il étrille le fait que « tous les partis politiques promettent monts et merveilles avant les élections pour attirer les votes des électeurs et après les élections, certains projets sont renvoyés aux calendes grecques. » Il se dit en faveur d’un Ombudsperson spécialement dédié à la protection des consommateurs ainsi qu’un membre d’une association des consommateurs dans les différents comités du gouvernement.
Deepak Benydin, de la Consumer’s Union, attend pour sa part que les demandes de base soient réalisées à l’exemple de la baisse des prix des denrées alimentaires qui poursuivent, dit-il, leur montée en flèche de jour en jour. Il souhaite qu’un Maximum Mark-Up soit appliqué sur certains produits en vue d’alléger le fardeau des consommateurs. Une telle mesure, souligne-t-il, ne demande pas d’engagement financier. Le syndicaliste attend en outre « que les jeunes soient formés en vue d’être employables car beaucoup sont sans travail, sans formation. Le certificat ne suffit plus, il faut un outil entre les mains pour travailler ». Deepak Benydin trouve d’autre part que le salaire minimum n’équivaut pas à un salaire décent. « Quand on le compare à celui en France et en Angleterre, la somme est bien plus dans ces pays. Alors que le coût de la vie est presque le même à Maurice, si pas plus cher. »
Pour Mubarak Sooltangos, le problème de fond en matière de consommation est « une consommation gargantuesque de produits importés que nos exportations sont loin de pouvoir satisfaire. » Il estime prioritaire de s’y attaquer. Si les produits importés sont de plus en plus nouveaux dans les grandes surfaces et « inutiles » aussi, il met en garde les consommateurs qui se réjouissent de la variété des produits qu’ils « seront eux-mêmes appelés à financer cette largesse ». Pour Mubarak Sooltangos, le contexte ne peut se prêter à la préparation d’un budget de relance « puisque la priorité du gouvernement sera de corriger les erreurs du passé et trouver ses ressources financières pour boucher des trous béants. »
CLAUDE CANABADY :
« Nommer un Ombudsperson pour les consommateurs »
Les consultations budgétaires devraient démarrer ces jours-ci et l’exercice budgétaire fin mai/début juin. Le contexte semble difficile pour que le nouveau gouvernement accède aux demandes des uns et des autres au vu de l’endettement du pays qui ne cesse de croître comme révélé par The State of The Economy et le rapport de l’Audit. Qu’en pensez-vous ?
Je suis d’accord que la conjoncture économique est extrêmement difficile avec un bilan catastrophique légué par le précédent gouvernement et le bureau de l’Audit qui comme chaque année a publié un rapport désastreux. Ce qui est malheureux, c’est que le tout passe comme une lettre à la poste. Nous faisons un peu de bruit et après tout est oublié jusqu’à l’année prochaine.
Je souhaite de tout cœur que le nouveau régime changera la donne et mettra en place des règlements avec force de loi parce que ce n’est pas possible que nous acceptons les bavures de certaines personnes comme un accident de parcours et sans conséquence pour la personne fautive.
En ce qui concerne le quotidien du petit peuple, la situation est également catastrophique avec les hausses constantes de prix dans toutes les sphères de la vie. Je pense que le présent gouvernement ne peut qu’améliorer la situation mais il y a un long chemin à parcourir. Mais, where there is a will, there is a way.
La population risque-t-elle d’être déçue face à ce contexte économique difficile et par rapport au budget d’une année électoraliste l’an dernier ?
Je pense que toutes les attentes des consommateurs ne seront pas exaucées vu la situation financière périlleuse dont nous ont fait part le Premier ministre et le gouverneur de la Banque de Maurice. Le problème majeur est que tous les partis politiques promettent monts et merveilles avant les élections et essayent de faire des promesses beaucoup plus alléchantes que les autres pour attirer les votes des électeurs et après les élections, parfois certains projets sont renvoyés aux calendes grecques.
Ce n’est qu’au moment où un nouveau gouvernement prend la barre que le Premier ministre peut constater la situation exacte et probablement revoir sa copie. Je pense que l’Alliance du Changement a fait beaucoup de promesses durant la campagne électorale, certains vont prendre beaucoup de temps, vu leur complexité à l’exemple de la réforme électorale et la Freedom of information Act.
Pour atténuer les déceptions, il est essentiel que le gouvernement s’attaque aux problèmes de base immédiatement. Au moins, ce sera un boost pour la population sur le plan psychologique. Ainsi, la qualité de communication avec le grand public à travers toutes les instances du gouvernement ; la qualité du service dans tous les domaines publics ; des normes doivent être établies sur les deux item précités aussitôt que possible et clairement définies pour que nous puissions mesurer leur efficacité et rectifier le tir si nécessaire.
Tout ce que j’ai avancé peut se faire dans un minimum de temps et booster la confiance du public dans le gouvernement. Comme toujours, la Consumers’ Eye Association (CEA) est prête à collaborer avec le gouvernement pour le bien-être de tous les consommateurs. J’ai personnellement constaté une lacune au niveau de la qualité des informations et la lenteur au niveau de la réception des informations comme si parfois c’était des secrets d’Etat dans certains cas.
Quelles devraient pour vous être les priorités de ce budget ?
Bien sûr, la priorité devrait être un budget équilibré pour redresser la barre. Donner aux PME un meilleur positionnement national et international pour booster l’économie et diminuer les importations. Par ailleurs, maintenir une roupie forte et mieux contrôler l’inflation pour aider une population qui a beaucoup souffert ces dernières années avec une roupie qui a dégringolé vis-à-vis des devises étrangères, spécialement le dollar. Cela devrait réduire les coûts des importations et stabiliser les prix des produits essentiels.
Il faut une stratégie pour encourager les jeunes à rester au pays avec de bonnes perspectives d’emploi ; mettre en place des stratégies pour encourager ceux qui partent à l’étranger à revenir au pays ; taxer davantage les articles de luxe pour plus de revenus pour aider ceux au bas de l’échelle ; moderniser le port en développant des infrastructures modernes pour attirer les nombreux navires qui circulent dans l’océan indien ; acheter plus de produits des pays voisins pour diminuer le coût du fret et de facto diminuer le coût de ces produits.
Qu’attendez-vous pour les consommateurs ?
Bien sûr, la CEA espère que le ministre des Finances soit très généreux pour alléger le fardeau des consommateurs au niveau financier. Néanmoins, dans la situation présente, je crois qu’il y aura des mesures mais pas comme on le souhaiterait.
En premier lieu, il serait important de nommer un Ombudsperson uniquement pour les consommateurs. Cela aiderait le consommateur lambda à mieux savoir vers qui si se tourner quand ses doléances prennent énormément de temps ou se compliquent. Il faut en outre nommer un membre d’une association des consommateurs dans les différents comités du gouvernement. Cela aidera à davantage de transparence et donnera plus de confiance aux consommateurs. Ce dernier recevra des informations nettes et claires.
Pour conclure ?
Le gouvernement, et en particulier le Premier ministre et le Junior Minister des Finance, ont un travail gigantesque devant eux et je ne peux que leur souhaiter bonne chance et bon courage. Si le gouvernement veut vraiment avancer assez vite et efficacement, il faut établir dans la priorité des priorités un lien efficace avec toutes les associations de quartier, les Forces Vives, les associations caritatives et bien sûr les associations des consommateurs pour que tout le travail soit fait systématiquement.
Pourquoi ne pas commencer par encourager toute la population à commencer un petit potager individuel et même ceux et celles qui habitent dans des appartements, peuvent planter des fines herbes dans des pots sans problème. Bien sûr cela peut se faire avec la coopération des conseils des villages et des districts et les mairies. Le tout sous la direction, le contrôle strict et les logistiques du ministère de l’Agro-Industrie.
DEEPAK BENYDIN (Consumer’s Union) :
« Il faut un Maximum Mark-Up sur certains produits »
Les consultations budgétaires devraient démarrer ces jours-ci et l’exercice budgétaire fin mai/début juin. Le contexte semble difficile pour que le nouveau gouvernement accède aux demandes des uns et des autres au vu de l’endettement du pays qui ne cesse de croître comme révélé par The State of The Economy et le rapport de l’Audit. Qu’en pensez-vous ?
C’est vrai que l’endettement représente un obstacle pour que le gouvernement réalise à 100 % ce qu’il a promis dans son discours-programme pour les cinq ans à venir. Néanmoins, nous nous attendons que les demandes de base soient réalisées à l’exemple de la baisse des prix des denrées alimentaires qui poursuivent leur montée en flèche de jour en jour.
Quand nous allons au supermarché, nous ne voyons pas les prix baisser, bien au contraire ! Que ce soit les sardines ou autres boîtes de conserve. L’application Mopri avait été lancée en 2023 pour la comparaison des prix. Mais, elle ne semble pas fonctionner. Le ministère du Commerce devrait introduire un Maximum Mark-Up sur certains produits, mesure qui ne demande pas de financement. Il est clair qu’actuellement, chaque petite boutique vend ses articles au prix qu’il veut. Il n’y a pas un Maximum Mark-Up. La chopine de coca glacée peut se vendre à Rs 25 ici, Rs 30 ou Rs 35 ailleurs.
Quelles devraient pour vous être les priorités de ce budget ?
Pour les personnes en situation de handicap, surtout les âgées, ayant des contraintes physiques, et pour lesquelles nous avions annoncé la révision de la Carer’s Allowance à Rs 10 000, il faudrait la mettre en pratique. Un ciblage peut être fait pour ceux qui ont vraiment besoin d’un soignant 24/7. Nous attendons donc que le budget vienne avec la réalisation de cette promesse du gouvernement. Il y a aussi l’annonce de la Widow’s Allowance.
Côté formation, il ne faut pas que l’accent soit sur les certificats. Il faut plutôt que les jeunes puissent être employables, surtout face au fléau de la drogue. Il faut qu’il y ait des travailleurs sociaux, des psychologues qui puissent suivre ces jeunes, pas seulement au collège mais aussi quand ils rentrent chez eux à la maison, s’il y a des problèmes dans la famille.
Je sais que Sam Lauthan avait commencé un bon travail contre la drogue dans le passé. Nous attendons beaucoup en termes de la lutte contre ce fléau. Que les jeunes soient formés en vue d’être employables car beaucoup sont sans travail, sans formation. Le certificat ne suffit plus, il faut que le jeune, après le cours suivi, ait un outil entre les mains pour travailler.
Il faudrait par ailleurs trouver une solution au problème de rentabilité du Metro Express.
Malgré le salaire minimum aujourd’hui après plusieurs combats, ce n’est pas un salaire décent. Quand nous comparons par exemple le salaire minimum de Maurice à celui en France et en Angleterre, la somme est bien plus dans ces pays. Alors que le coût de la vie est presque le même à Maurice, si pas plus cher. Le gouvernement doit donc se pencher sur tout cela pour qu’au prochain budget, il puisse aller dans la bonne direction.
Nous nous sommes plaints de la sècheresse sévère mais nous avons eu beaucoup de pluies les deux dernières semaines. Où vont toutes ces eaux de pluie. Que déployons-nous comme moyens pour collecter au maximum ces eaux ? Dans un pays entouré d’eau de la mer, je ne comprends pas pourquoi nous ne pouvons utiliser cette eau.
Côté environnement, nous parlons de recyclage etc. mais n’avons jusqu’ici pas de tri de déchets encore. En même temps, le tri pourrait aider à réduire les déchets d’autant que Mare-Chicose est saturé. Cela ne demande pas un grand investissement.
Comment réduire les gaspillages tels que révélés par l’Audit chaque année ?
Je sais qu’il y a un manque de contrôle du personnel au Bureau de l’Audit. L’Audit fait des contrôles, des remarques. Pour que son travail aboutisse à quelque chose, il faut lui donner le pouvoir nécessaire pour veiller que les gaspillages révélés cette année ne se renouvellent pas l’année qui suit. Autrement, l’année prochaine, il viendra dire la même chose s’il n’y a pas eu de changement.
La population risque-t-elle d’être déçue face à ce contexte économique difficile et par rapport au budget d’une année électoraliste l’an dernier ?
Il y a une déception déjà au niveau du 14e mois que certains n’ont pas eu, surtout ceux touchant plus de Rs 50 000 et qui pour moi, n’est pas une grosse somme d’argent aujourd’hui. Par ailleurs, les retraités des State Owned Companies n’ont pas eu de 14 emois. Quelque 800 retraités de la Poste n’en ont pas. Idem à la Mauritius Housing et à la Sicom qui gère notre fonds de pension.
Pour le prochain budget, il y a des risques de déception mais il y a quand même une lueur d’espoir car si le gouvernement montre qu’il a une certaine bonne volonté, il montrera à la population que s’il ne peut tout réaliser du jour au lendemain, il pourra le faire dans les prochains budgets. Mais, il peut déjà commencer à travailler et donner certaines facilités. Je pense que la population ne sera pas déçue à 100% si le gouvernement commence à jeter les bases.
MUBARAK SOOLTANGOS (Observateur économique) :
« Le problème de fond : le poids des produits importés »
Les consultations budgétaires devraient démarrer ces jours-ci et l’exercice budgétaire fin mai/début juin. Dans quel contexte situer ce premier Grand Oral du nouveau gouvernement et quels sont les défis à relever ?
Ce Grand Oral vient à un moment où le gouvernement et la population, à travers le rapport State of the Economy, sont conscients de ce que les dirigeants d’hier ont laissé comme héritage. Cette première lecture a été affinée par les nouveaux squelettes qui, depuis, sont sortis du secret des placards. Si j’étais décideur, j’aurais déjà, dès le lendemain des élections, commencé à m’occuper de notre problème de fond qui est une consommation gargantuesque de produits importés que nos exportations sont loin de pouvoir satisfaire. Même avant les élections, ce problème était chronique, visible, et vécu au jour le jour par les entreprises importatrices. Les squelettes qui sont venus s’ajouter à cette crise, n’aggravent pas cette situation particulière. Ils aident seulement à mettre en lumière la légèreté criminelle dans la façon de gérer les deniers de l’État avec impunité, les gaspillages et les abus des proches du pouvoir.
La situation déséquilibrée de nos flux de devises a dû s’aggraver depuis les élections sans que personne ne s’en émeuve. À chacune de mes visites hebdomadaires dans les supermarchés, je découvre de nouveaux produits importés, les uns plus inutiles que les autres. Les consommateurs doivent se réjouir de la disponibilité grandissante de l’éventail des produits, qui leur procure une Feel Good Sensation. Ils ne se rendent pas compte qu’ils seront eux-mêmes appelés à financer cette largesse dans un avenir pas très lointain, où, par contrainte, le gouvernement sera obligé de sévir, au moyen des droits de douane généralisés, pour stopper l’hémorragie de nos réserves en devises. Cette mesure fiscale importante, qu’un aurait pu introduire et gérer avec souplesse, deviendra bientôt une arme brutale pour pouvoir faire face à la réalité. L’attente de jours meilleurs par un accroissement de nos exportations risque de durer parce qu’exporter plus n’est pas un Press Button Operation. Nul besoin d’élaborer sur cette réalité.
Le contexte se prête-t-il à la préparation d’un bon budget ? À quoi devrait s’attendre la population cette année ? Risque-t-elle d’être déçue par rapport au budget d’une année électoraliste l’an dernier ?
Le contexte ne peut pas se prêter à la préparation d’un budget de relance puisque la priorité du gouvernement sera de corriger les erreurs du passé et trouver ses ressources financières pour boucher des trous béants. Le budget se soldera à coup sûr par un déficit accru si les chiffres ne sont pas maquillés – ce dont je n’accuse pas, avant même le budget, le gouvernement dont je ne doute pas la sincérité et la transparence. Le budget pourra bien sûr annoncer des mesures de relance, comme c’est le cas à chaque budget. Elles resteront cependant lettre morte si on ne s’attelle pas à les organiser, les suivre et les faire devenir une réalité. Ce n’est pas le gouvernement qui mettra les projets proposés à exécution parce qu’il est seulement là pour, en amont, servir de banque d’idées (en collaboration étroite avec le secteur privé) et pour être facilitateur.
C’est au secteur privé de mettre en action, en aval, les plans élaborés. Ce procédé demande obligatoirement un dialogue de tous les instants entre le gouvernement et le secteur privé, ce qui présuppose que chacune des parties comprenne les aspirations, la psychologie et les contraintes de l’autre.
C’est un exercice ardu qui demande de la vision. Comment inculquer cette pratique à brève échéance, compte tenu de l’urgence, pratique qui est un changement drastique de mentalité, dans un système où ce dialogue n’a jamais existé ? Mais puisqu’ il faut absolument le faire, le plus vite nous nous y attelons, même par Trial and Error, le mieux ce sera pour le pays. Ce budget sera obligatoirement un exercice de compression des dépenses publiques qui ont pris une courbe ascendante depuis des années, par le laxisme dans la collecte de revenus doublé d’une explosion des dépenses publiques. À ces deux sont venus s’ajouter des gaspillages provoqués et organisés.
Le gaspillage organisé va au-delà du gaspillage par laxisme. Il consiste à sans cesse dépenser plus, en grande quantité, parce que chaque achat d’équipements qu’on laisse inactif, chaque investissement en infrastructure somptuaire et chaque achat de consommables au-delà des besoins réels rapporte, semble-t-il, des dessous de table conséquents. La population serait bien avisée de ne pas s’attendre à une distribution des bénéfices du changement avant que ce bénéfice ne se matérialise. Inviter les syndicalistes et les associations de consommateurs avant l’exercice budgétaire est superflu en cette période de crise parce qu’ils ne feront que demander plus et payer moins.
Quelles devraient être pour vous les priorités de ce budget ?
J’ai archi répété que les mesures monétaires, vainement qualitatives, comme un énième rehaussement des taux d’intérêts pour faire hypothétiquement baisser la consommation sont des bouledogues sans dents en période de crise. Non seulement sont-elles inefficaces, comme du Panadol dans le traitement des maladies économiques graves, mais aucun pays au monde n’a jamais pu faire une corrélation directe entre les taux d’intérêt et la consommation. Si c’était possible, la FED n’aurait pas été sous contrainte de relever son taux d’intérêt tous les trois mois pendant les trois dernières années, somme toute une action Stop and Go à l’aveuglette. Le gouvernement a sollicité des idées du public par une annonce dans les journaux. Il y a un mois, j’ai envoyé, en trois pages A 4, toutes les recommandations que je peux imaginer pour faire baisser la consommation. Ce sont des mesures quantitatives qui peuvent donner des résultats immédiats, dans le contrôle des importations aussi bien que dans la relance de nos entreprises de substitution d’importations. En outre, elles peuvent procurer des gains substantiels au gouvernement sous forme de droits de douane pour alléger notre déficit budgétaire. Voyons si je suis invité à élaborer sur mes propositions et si les intéressés mean business.