Chagos : Trump soutient le traité anglo-mauricien

Le président américain (18 h 12 GMT): « We’re going to have some discussions about that (Chagos Deal) very soon and I have a feeling it’s going to work out very well »

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Une Buffer Zone militairement hermétique contre toute ingérence étrangère, surtout chinoise, autour de Diego Garcia

Garantie de Londres: « The fundamentals of the deal remain the same, and the overall quantum remains unchanged »

À 18 h 12 (GMT), soit 22 h 12 (heure de Maurice), le Chagos Deal, avec la restitution de la souveraineté de Maurice sur l’archipel des Chagos et le bail de la base militaire américaine de Diego-Garcia, a franchi une étape décisive. À ce moment précis, l’agence de presse britannique, Press Association (PA), rapportait la première déclaration officielle du président des États-Unis, Donald Trump sur les Chagos au Premier ministre britannique, sir Keir Starmer, à la Maison-Blanche. Aucune ambiguïté de la part de Washington : « I have a feeling it’s (the Chagos Deal) is going to work out well. » Un cinglant désaveu au gang des AntiChagos Deal, mené par le leader du UK Reform Party, Nigel Farage, et avec la campagne relayée par la presse britannique dans son ensemble. Du côté du gouvernement de l’Alliance du Changement, l’on préfère adopter une démarche diplomatique prudente devant ce développement majeur avec très probablement la question évoquée lors des délibérations du conseil des ministres de ce matin ou encore un Statement à l’Assemblée nationale cet après-midi sur la base des dernières informations émanant de Washington.

« We’re going to have some discussions about that very soon and I have a feeling it’s going to work out very well. They’re talking about a very long-term, powerful lease, a very strong lease, about 140 years, actually. It’s a long time. I think we’ll be inclined to go along with your country. It’s a little bit early, we have to yet be given the details, but it doesn’t sound bad », déclare en substance le president Trump sur le dossier des Chagos.

Cette déclaration est historique dans la mesure où elle constitue une étape critique dans le processus de décolonisation de Maurice, 57 ans après l’accession à l’indépendance, et elle intervient après cinq mois de campagne de hargne et de contestation, orchestrée sans commune mesure par Nigel Farage et relayée par les conservateurs de Kemi Badenoch à la Chambre des Communes De Die In Diem et avec pour caisse de résonance la presse britannique et même américaine, voulant imposer, envers et contre tout, une opposition farouche au traité anglo-mauricien, conclu au début de cette année. Et à la Press Association de concéder « this might come as a shock to Trump’s friend Nigel Farage, the Reform UK leader, who for weeks has been saying that figures in the Trump Administration are strongly opposed to the deal. »

À Maurice, interrogé par Le-Mauricien dans la nuit d’hier à ce matin, l’Attorney General, Gavin Glover, qui a mené tambour battant les négociations au nom du gouvernement de l’Alliance du Changement depuis les dernières élections générales, s’est gardé de faire des commentaires officiels sur la position officielle annoncée de Donald Trump. Mais le soulagement est énorme vu que même la veille, le Foreign Secretary britannique, David Lammy, avait laissé entendre à la Chambre des Communes que sans l’accord des États-Unis, le Chagos Deal tombait à l’eau.

Ainsi, avant le rendez-vous crucial outre-Atlantique entre le Premier ministre du Royaume-Uni, sir Keir Starmer, et le président des États-Unis, Donald Trump, d’hier soir, le dossier du Chagos Deal avait été de nouveau évoqué à la Chambre des Communes par le parti Conservateur. Cela ne devrait pas être la dernière car le No 10 Downing Street continue à rassurer qu’une fois United Kingdom/Mauritius Treaty sur la restitution de l’archipel des Chagos et l’avenir de la base militaire de Diego-Garcia pour au moins les prochains 99 ans aura été validé par Washington, des débats sont prévus à la Chambre de Communes.

Néanmoins à ce stade, soit en prélude à ce tête-à-tête anglo-américain au plus haut niveau, le ton était à la garantie contre des ingérences étrangères, notamment chinoises, dans les opérations militaires stratégiques des Américains à partir de la base de Diego-Garcia. D’autre part, At This Late Hour, la presse britannique, qui a orchestré de manière systématique presque une guérilla diplomatique et politique contre la conclusion du traité sur les Chagos, se rend à l’évidence du poids de Narendra Modi, Premier ministre de l’Inde, auprès de Donald Trump dans cette équation géostratégique dans l’océan Indien. C’est le cas pour le Times de Londres dans son édition numérique de mercredi.

Avec un ton un peu moins virulent qu’au plus fort de l’offensive du gang Anti-Chagos Deal, le parti Conservateur britannique, mené par la Shadow Foreign Secretary, Dame Priti Patel, est revenue à la charge, tentant de remettre en question les dernières consultations, susceptibles de bloquer le retour de l’archipel des Chagos sous la souveraineté de Maurice. Mais le principal porte-parole du gouvernement travailliste, Stephen Doughty, Minister of State, Foreign, Commonwealth and Development Office, n’a pas bronché au sujet de la détermination de Londres pour mener à exécution ce traité bilatéral sous le regard des États-Unis.

« We remain committed to concluding a deal that protects the base on Diego Garcia. Without a deal, the base cannot operate in practical terms as it should in its important role protecting the security of this country, the United States and our allies », maintient d’emblée, selon la version du Hansard de la Chambre des Communes, le secrétaire d’État au Foreign, Commonwealth and Development Office. C’est en réponse à des Substantive Questions de Gagan Mohindra (Conservative Party) et Lee Anderson du Reform UK Party de Nigel Farage, fer de lance de l’opposition sur le dossier des Chagos.

Mais Stephen Doughty devait être moins catégorique au sujet du calendrier de la conclusion des consultations. « We are currently discussing the agreement with the US and Mauritius. We will not put a deadline on its finalisation, and will come to the House in due course », s’est-il empressé d’ajouter.

Toutefois, le secrétaire au Foreign, Commonwealth and Development Office devait sortir l’artillerie lourde contre le député du Reform UK Party, brandissant pour la énième fois la menace de la République populaire de Chine, Maurice exerçant sa souveraineté sur cette partie de son territoire. Ce parlementaire de l’opposition avait trouvé que « the Minister will be aware that the Chinese have a smart city situated in Mauritius, so what safeguards are in the deal to prevent Chinese installations on Diego Garcia that could compromise our western naval security? »

Et la réponse offerte lors de cette tranche du Question Time de cette séance de la Chambre des Communes a été des plus chirurgicales. « We are absolutely clear that we will retain full control over Diego Garcia, and will have robust provisions to keep adversaries out. There will be unrestricted access to and use of the base for the UK and the US, a buffer zone around Diego Garcia, a comprehensive mechanism to ensure that no activity in the outer islands threatens base operations and a ban on the presence of any foreign security forces. I absolutely assure the hon. Gentleman that the provisions are in place to defend the security of that critical base », affirme-t-il.

Toutefois, la réplique la plus cinglante avait été réservée à une interpellation élaborée et se voulant embarrassante venant de la Shadow Foreign Secretary, Dame Priti Patel, dont le libellé est comme suit:

«The Foreign Secretary has proudly said that his Chagos surrender plan was a good deal. He told the Foreign Affairs Committee back in November that it was a very good deal, and that he was confident that the Mauritians are still sure about that.

« Three weeks ago, the Prime Minister of Mauritius told his National Assembly that since his election, he had concluded the deal was so bad that we said, no way! and that he had extracted more concessions from the UK on the length of the lease, the extension on sovereignty and the cost. Can the Minister confirm that changes have been made since the announcement of the deal on 3 October last year, and does he disagree with the account given by the Prime Minister of Mauritius? »

Et la réponse vitriolique de Stephen Doughty se tient en 14 mots, à savoir « the fundamentals of the deal remain the same, and the overall quantum remains unchanged ».

Et toujours en ce qui concerne les tractations politiques et diplomatiques sur le dossier des Chagos, le quotidien britannique, The Times, fait état de l’importance politique et diplomatique de l’Inde. Ainsi, ce quotidien concède que « sir Keir Starmer’s deal to cede the Chagos Islands to Mauritius has received a significant boost before the prime minister’s visit to the US in the form of a very supportive intervention by Narendra Modi. »

Commentant le fait que Narendra Modi a été un des premiers chefs de gouvernement à être invités à la Maison-Blanche au lendemain de l’investiture de Donald Trump, The Times note que « sources close to negotiations are confident Modi would have voiced his support for the deal in the meeting with Trump. The Indians are the ones who have been pushing it all along. »

The Times de Londres va plus loin en affirmant qu’en dépit d’un agenda international chargé, « when the Prime minister travels to Washington this week, Starmer is also hoping to receive Trump’s blessing for the Chagos deal. British officials believe an agreement could be signed within weeks. »

Avec le feu vert de Donald Trump d’hier soir, une annonce formelle autour du traité sur les Chagos lors des célébrations nationales du 12 Mars pour le 57e anniversaire de l’indépendance avec comme Chief Guest, le Premier ministre de la Grande Péninsule, Narendra Modi, est envisageable…

Chagos, le cauchemar

de Kemi Badenoch

À chaque séance du Prime Minister’s Question à la Chambre des Communes, la leader de l’opposition, Kemi Badenoch, se fait un devoir de soulever le Chagos Deal, qui s’est transformé en un cauchemar sur le plan politique au Royaume-Uni. Pourtant, ce sont ces mêmes conservateurs, qui en novembre 2022, avaient initié un premier round de négociation avec Maurice en vue d’un traité bilatéral.

Après avoir croisé les armes avec le Premier ministre, sir Keir Starmer, sur le budget de la défense, Kemi Badenoch a posté sur les réseaux sociaux le message à l’effet que « the government should rule out using any defence budget money to fund the Chagos Islands deal. »

« Starmer all but confessed at PMQs that the cost of surrendering the Chagos Islands will come from the defence budget – just as I’ve warned. Labour must not give a penny of defence cash to fund this shady deal. National interest first. No ifs or buts », affirme-t-elle.

Dans la conjoncture, l’unique espoir entretenu par les conservateurs est que « Trump will block Chagos Islands deal. » C’est ce qu’a fait comprendre le porte-parole de la leader de l’opposition à la conclusion de la séance du Prime Minister’s Question d’hier en ajoutant que « there were issues around the status of the Chagos Islands, which is why the previous Conservative government entered into talks about them. But no deal is better than a bad deal and if, as rumoured, this deal is a bad deal. »

Le porte-parole des conservateurs avance au sujet du retard accumulé par Donald Trump: « I haven’t seen the deal so I don’t know how long, but I assume he has, and hopefully he will stop it. »

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